Le Sénégal traverse une zone de turbulences institutionnelles majeures dont les répercussions risquent de frapper de plein fouet le portefeuille des ménages. Réunies en conférence publique ce lundi 26 octobre 2026 au Centre de ressources de la Plateforme des acteurs non étatiques à Sacré-Cœur, trois figures majeures de la société civile — LEGS Africa, la PAnE et International Budget Partnership (IBP) Sénégal — ont lancé un appel pressant au gouvernement et à la majorité parlementaire. Face au blocage persistant autour du vote de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 et aux incertitudes qui pèsent sur la Loi de finances initiale (LFI) 2027, le message est limpide : il est urgent de sortir des querelles politiciennes pour bâtir une gouvernance budgétaire responsable, sincère et résolument tournée vers l’intérêt général.
Au cœur du différend, la gestion des finances publiques exige désormais une transparence sans concession. Les organisations citoyennes soulignent notamment la nécessité impérieuse d’encadrer de manière claire et effective les fonds spéciaux. Parce qu’il s’agit avant tout de l’argent des contribuables, un contrôle parlementaire réel et rigoureux doit s’exercer, dans le strict respect de la Constitution et de l’équilibre des pouvoirs. La société civile rappelle que la restructuration de la dette et les exigences liées aux accords avec le Fonds monétaire international ne sauraient servir de prétexte à des coupes aveugles dans les budgets sociaux. L’assainissement des comptes publics ne doit pas se faire au prix d’un recul démocratique ni d’une opacité sur les choix budgétaires.
Sur le plan économique et social, l’urgence est criante. Alors que le choc énergétique continue de fragiliser le tissu socio-économique, l’État est appelé à éviter toute hausse brutale des tarifs qui toucherait en premier lieu les populations les plus vulnérables, le transport public et la corbeille de la ménagère. La société civile plaide pour une réorientation stratégique des subventions : plutôt que de maintenir des mécanismes généralisés et inefficaces, l’effort public doit cibler prioritairement les ménages modestes et les secteurs vitaux. Toute révision de ces aides doit impérativement s’accompagner d’un renforcement mesurable des filets sociaux, au premier rang desquels figurent les bourses de sécurité familiale. Préserver les investissements dans l’éducation, la santé, la formation professionnelle et l’agriculture n’est pas une option, mais une condition essentielle pour maintenir la paix sociale et garantir l’avenir du pays.ý
Le Sénégal ne peut plus se permettre un bras de fer stérile entre l’exécutif et le pouvoir législatif. Ce blocage institutionnel alimente l’incertitude, affaiblit la confiance des partenaires financiers et exacerbe l’austérité subie par les citoyens. Pour surmonter cette crise, la société civile préconise un dialogue constructif fondé sur des documents officiels incontestables, des chiffres rigoureusement vérifiés et l’éclairage d’experts indépendants. L’adoption d’amendements consensuels demeure la seule voie raisonnable pour éviter le rejet des textes budgétaires ou le recours à des procédures d’exception qui altéreraient la sincérité des comptes publics. En réaffirmant leur détermination à suivre de près l’exécution du budget et la qualité de la dépense, LEGS Africa, la PAnE et IBP Sénégal rappellent une vérité fondamentale : l’économie d’une nation doit servir son peuple, et la continuité de l’État exige le primat du compromis républicain sur les ambitions partisanes.
