En arpentant les axes majeurs de la capitale ce mercredi 14 octobre, le Maire de la Ville de Dakar, Abass FALL, n’est pas venu faire de la figuration. Du rond-point du Jet d’eau jusqu’aux communes de Grand Dakar et Gueule Tapée – Fass – Colobane, le chef de l’édilité dakaroise a inspecté d’un œil averti des chantiers de voirie majeurs, marquant ainsi d’une empreinte ferme son premier bilan à la tête de la ville. Mais derrière la satisfaction des ouvrages achevés se cache une détermination politique sans concession, prête à bousculer les habitudes institutionnelles pour le seul intérêt des populations.
La tournée a débuté sur l’axe Grand Dakar–Cerf-volant, un tronçon classé dont la réhabilitation incombait théoriquement à l’État via l’Ageroute. Prenant ses responsabilités face à l’urgence du quotidien, la municipalité a fait le choix de prendre le relais. Une décision audacieuse qui porte aujourd’hui ses fruits avec une chaussée totalement réhabilitée et déjà ouverte à la circulation. Affichant sa fierté face au travail accompli par la Direction du Développement Urbain et l’entreprise exécutante, le Maire a tenu à préciser le sens de cet engagement territorial : « Vous devez savoir que c’est une voirie classée. Ce n’était pas du ressort de la ville de Dakar. Normalement, c’est l’Ageroute qui devait faire cette voirie-là. Mais compte tenu de notre rôle de prendre en charge les préoccupations des riverains, nous avons demandé à Ageroute de nous laisser prendre en charge cette voirie. »
Cependant, le ton s’est nettement durci lors de la seconde étape à Gueule Tapée – Fass – Colobane, où les aménagements s’inscrivent dans la perspective capitale des Jeux Olympiques de la Jeunesse. Si le gros des travaux a été livré dans les délais impartis, des blocages persistants sont venus gâcher le tableau. Ciblant directement l’Office National de l’Assainissement du Sénégal, Abass FALL a poussé un véritable cri de colère face aux dysfonctionnements à répétition qui entravent le développement urbain : « L’ONAS nous cause énormément de difficultés. Dans tout ce que nous entreprenons ici à Dakar, nous avons toujours des problèmes avec l’ONAS. Soit elle nous retarde dans le chantier, soit après livraison, l’ONAS revient pour tout casser et ne rien réparer. […] Il faut que l’ONAS apprenne quand même à respecter le travail que les collectivités territoriales font ici. »
Outre la modernisation des infrastructures, cette tournée a mis en lumière une vision sociale affirmée de la gestion municipale. En s’appuyant sur des entreprises locales comme KFE et en privilégiant la pose manuelle des pavés, la Ville de Dakar transforme ses chantiers en véritables leviers d’insertion pour la jeunesse grâce à la Haute Intensité de Main-d’Œuvre : « La ville de Dakar ne se limite pas seulement à aménager, mais elle crée des emplois aussi. Elle donne l’opportunité à des jeunes de travailler. »
Alors que les aménagements paysagers se poursuivront jusqu’à la fin du mois, le Maire a conclu sa visite par un appel solennel à la responsabilité collective. S’adressant aux édiles locaux comme au maire d’arrondissement Abdoul Aziz PAYE, mais surtout aux citoyens, Abass FALL a insisté sur la sauvegarde indispensable de ces investissements publics face aux occupations anarchiques : « Prenez soin de cet investissement. C’est ce que j’ai dit aussi au maire qui est leur premier magistrat. Je crois qu’il va travailler en rapport avec les populations pour que cet investissement-là ne puisse pas être gâché. » Un message clair qui fixe le cap d’un maire décidé à transformer durablement le visage de Dakar.
