L’HÉMICYCLE PRIS EN OTAGE : L’URD FUSTIGE LA GUÉRILLA PARLEMENTAIRE D’UN PASTEF EN QUÊTE DE RAPPORT DE FORCE
Le climat politique sénégalais s’alourdit de jour en jour, transformant l’Assemblée nationale en un véritable champ de bataille où s’affrontent les reliquats d’un pouvoir exécutif fracturé. Au cœur de cette tempête institutionnelle, une salve inédite de procédures parlementaires vient de mettre le feu aux poudres. Ce samedi 25 juillet 2026, l’Union pour le Renouveau Démocratique (URD) a jeté un pavé dans la mare à travers un communiqué de presse aux mots choisis et au ton cinglant. Le parti monte au créneau pour dénoncer une dérive qu’il juge mortifère pour la santé de la République : l’utilisation frénétique, ciblée et partisane des commissions d’enquête parlementaires par le groupe PASTEF-Les-Patriotes.
La colère des héritiers de Djibo Leyti KÂ trouve sa source dans la récente décision du Bureau de l’Assemblée nationale, qui a déclaré recevables pas moins de six commissions d’enquête. Sur ce total, cinq portent la seule signature du PASTEF. Pour l’URD, ce monopole exclusif n’a rien d’une coïncidence constitutionnelle ou d’un soudain sursaut de vertu républicaine. En visant de manière quasi simultanée des secteurs aussi stratégiques et vastes que le foncier, l’immobilier de l’État, la fiscalité, les marchés publics et la pêche, cette initiative cacherait des desseins inavoués. L’URD s’indigne d’une manœuvre qui ne trompe personne et fustige ce « déferlement soudain et concentré de commissions d’enquête […] qui trahit une manœuvre politique parfaitement orchestrée. »
L’analyse politique livrée par Saliou SOW et ses camarades du pool de communication du parti se veut clinique. Cette hyperactivité parlementaire ne serait en réalité que le symptôme d’une crise beaucoup plus profonde, consécutive à la rupture au sommet de l’État. En filigrane, c’est la stratégie de survie d’une formation politique désarçonnée qui est pointée du doigt. Le parti du Professeur Diegane SÉNE souligne avec une lucidité tranchante que cette offensive politico-judiciaire intervient précisément au moment où le groupe PASTEF,
« ébranlé par la fin du tandem exécutif qui l’a porté au pouvoir, tente de rééquilibrer le rapport de force avec la Présidence de la République, en s’affranchissant du dialogue institutionnel régulier. »
C’est donc un procès en détournement de procédure que l’URD instruit. Si le contrôle de l’action gouvernementale demeure une prérogative sacrée et un outil démocratique légitime, son usage comme arme de destruction politique est fermement condamné. Le parti refuse catégoriquement que l’hémicycle devienne le théâtre d’un règlement de comptes ou, pire encore, « une simple arme de guerre entre chefs de factions ». En transformant la noble quête de transparence en une arme de harcèlement tactique, l’institution parlementaire elle-même se fragilise. À ce propos, le communiqué résonne comme une véritable mise en garde : en agissant au gré des rivalités personnelles plutôt que sur une doctrine constante, l’Assemblée nationale s’expose au risque vertigineux de « perdre en crédibilité ce qu’elle feint de gagner en spectacle médiatique. »
Prendre position contre ces enquêtes ne signifie pas, pour autant, un blanc-seing accordé à l’opacité. L’URD prend d’ailleurs soin de clarifier sa ligne de conduite : son intransigeance sur l’impératif de bonne gouvernance et de reddition des comptes demeure totale. Toutefois, la frontière entre l’exigence de probité et la combine politicienne ne doit souffrir d’aucune ambiguïté. En appelant le PASTEF à la retenue et à la clarté dans ses intentions, l’URD exhorte ses membres à ne pas transformer les leviers démocratiques en un « levier de chantage au service d’intérêts fractionnels ».
Finalement, ce texte dessine les contours d’un repositionnement stratégique clair sur le nouvel échiquier politique. L’heure n’est plus à la complaisance face aux tentatives de déstabilisation de l’exécutif. En conclusion de sa déclaration, l’Union pour le Renouveau Démocratique resserre les rangs et affiche un loyalisme sans faille, promettant de rester « pleinement mobilisée aux côtés du Président de la République et de l’ensemble des forces vives de la Nation pour préserver la stabilité de nos institutions. »
Une véritable ligne rouge tracée dans le sable politique, qui promet des sessions parlementaires particulièrement houleuses dans les semaines à venir.
