OPACITÉ INSTITUTIONNELLE ET PÉRIL DÉMOCRATIQUE : LE RÉQUISITOIRE CINGLANT DU FDR CONTRE LE SYSTÈME POLITICO-ÉLECTORAL

Le climat politique sénégalais se crispe une nouvelle fois à l’aune de la dernière sortie médiatique du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR). Dans un communiqué publié ce vendredi 18 septembre 2026, la coalition dresse un tableau particulièrement sombre de l’état des libertés et du jeu démocratique, pointant du doigt les dysfonctionnements majeurs du Conseil constitutionnel, le blocage délibéré de la machine électorale et l’insécurité grandissante des acteurs de la société civile. Au cœur de cette indignation, le FDR dénonce en premier lieu une justice constitutionnelle à deux vitesses, caractérisée par la rétention d’informations stratégiques. La coalition, qui a formellement saisi le président du Conseil constitutionnel, accuse l’institution de publier rapidement ses décisions contentieuses, tout en dissimulant sciemment ses réponses aux demandes d’avis, notamment celles du Chef de l’État. Pour illustrer cette opacité, le mouvement rappelle qu’un avis rendu en juillet 2024 n’a été publié qu’en septembre de la même année. La sentence du FDR sur cette manœuvre est sans appel et met en lumière un déséquilibre profond du jeu politique :« Une telle pratique a favorisé le camp présidentiel durant ces joutes en lui permettant de se préparer avant les autres listes candidates, constituant une violation flagrante de l’égal accès des citoyens, des acteurs institutionnels et politiques à l’information. »

Au-delà de cette rupture d’égalité, c’est l’architecture même du processus électoral qui se trouve, selon le Front, dans une impasse dangereuse. Lors d’une rencontre tenue le 16 septembre avec une délégation du Réseau des structures de gestion électorale en Afrique de l’Ouest (RESAO), le FDR a dressé un bilan accablant du suivi des élections présidentielle et législatives de 2024. L’organisation politique regrette amèrement que les recommandations de la CEDEAO soient restées de simples vœux pieux. Loin de mâcher ses mots, la Conférence des Leaders justifie ce surplace par les dérives du pouvoir central et l’inertie coupable des organes de contrôle. Elle explique ainsi de manière tranchée que ce blocage est imputable : « […] notamment à la crise au sommet de l’État, au manque de transparence électorale, au non-respect de la loi n° 2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral, telle que modifiée, ainsi qu’à l’inactivité persistante de la CENA, qu’il juge contraire aux missions prévues. »

Plus alarmant encore, cette faillite institutionnelle s’accompagne d’un climat de terreur ciblant les voix indépendantes et les sentinelles de la République. Le FDR s’insurge contre les violences visant directement des figures emblématiques de la société civile, à l’instar de Babacar BA, président du Forum du justiciable, et de Moundiaye CISSÉ, directeur exécutif de l’ONG 3D, tous deux cibles de menaces de mort. Face à ce qu’il perçoit comme des méthodes de musellement intolérables, le regroupement politique refuse l’indifférence et lance un vibrant appel à la mobilisation générale pour faire bloc autour des défenseurs des droits citoyens : « Il appelle les partis politiques, les démocrates et l’ensemble des forces vives du pays à combattre, dans l’unité, ces attaques et ces calomnies, qu’il juge inadmissibles dans une démocratie. Le FDR s’engage à prendre toute sa part dans ce combat. »

En exigeant des réformes immédiates et une transparence totale des institutions étatiques, le FDR ne se contente plus de tirer la sonnette d’alarme. Il met le pouvoir central et les organes de régulation face à leurs responsabilités historiques, rappelant avec force que sans une justice équitable, un processus électoral transparent et une protection inconditionnelle de ses contre-pouvoirs, la démocratie sénégalaise court inexorablement à sa perte.

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