SÉDHIOU, LE GRAND OUBLIÉ DE LA RÉPUBLIQUE : L’INDIGNATION d’UNE RÉGION FACE À L’ABSENCE DE NOMINATIONS 

Malgré une mobilisation politique historique, un accueil triomphal réservé au Chef de l’État lors de sa tournée économique dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou du 20 au 25 décembre 2025 et un engagement sans faille des cadres locaux au sein de la coalition Diomaye Président et du Parti Kiiraay, la région de Sédhiou fait face à un constat amer : elle est totalement absente des décrets de nomination. Une situation vécue comme une véritable humiliation par les populations de cette région.

Le Conseil des ministres du 10 septembre 2026 a laissé un goût particulièrement amer aux populations de la région de Sédhiou.

Sur près de 87 nominations prononcées par le Chef de l’État, aucun fils, aucune fille de la région de Sédhiou n’a été promu à un poste stratégique. Depuis l’avènement du nouveau gouvernement, le constat est lourd : la région ne compte aucun ministre et subit un désert de nominations au sein de la haute administration.

Qu’est-ce qui pourrait justifier une telle mise à l’écart ? Qu’ont donc fait les filles et fils des départements de Goudomp, Bounkiling et Sédhiou pour mériter un tel traitement ? Ces questions, légitimes, brûlent aujourd’hui les lèvres de tous les observateurs politiques et des citoyens de la région.

Un engagement politique fort et ignoré

Pourtant, la loyauté et l’engagement de la région ne souffrent d’aucune contestation. Sédhiou s’est massivement investie pour le triomphe de la coalition Diomaye Président. Ses cadres et la majorité de ses maires ont concrétisé cet ancrage en signant massivement leurs fiches d’adhésion pour devenir des membres fondateurs du Parti Kiiraay.

Chacun se souvient encore de la ferveur populaire et de la foule immense qui avait fièrement accueilli le Président de la République lors de sa visite dans la région plus précisément à Tanaff. Une démonstration de force et d’affection qui, visiblement, n’a pas pesé lourd sur la balance des choix du Chef de l’Etat.

La région de Sédhiou subit-elle le cliché réducteur d’un électorat jugé « insignifiant » par rapport aux autres grandes circonscriptions politiques ? Si de telles indiscrétions circulent, elles se heurtent au principe fondamental de la représentativité nationale. Le Président de la République est le père de la Nation, et Sédhiou fait pleinement partie de la Nation sénégalaise. Ses enfants ont droit au même traitement que ceux des autres régions et continuent de nourrir un sentiment d’appartenance à un pays qui est le Sénégal de tous.

Il est important pour la mouvance présidentielle de comprendre que l’enjeu ne se limite pas à conquérir de grandes bastions électorales mais surtout de consolider une représentativité nationale avec des acteurs engagés qui ont le sens de la mission et du destin partagé.

Donc chaque Commune, chaque département ou chaque région doit se sentir concerner et associer à la gestion des affaires de la Nation.

La région de Sédhiou : Un vivier historique d’intelligentsia

L’argument d’un manque de compétences ne saurait prospérer. Sédhiou dispose de profils hautement qualifiés, d’experts avérés dans tous les secteurs d’activité, capables de diriger des ministères, des directions générales ou des directions nationales stratégiques pour participer à la construction du Sénégal.

Sur le plan de l’histoire et du savoir, la région n’a jamais été aussi marginalisée depuis l’indépendance. Faut-il rappeler que la région de Sédhiou est la terre natale de figures illustres telles que feu Assane SECK, éminent intellectuel et parrain de l’Université de Ziguinchor, ou encore le Professeur Balla Moussa DAFFÉ ? leurs trajectoires exceptionnelles témoignent de la profondeur de l’intelligentsia de la région.

On ne peut prétendre construire un Sénégal inclusif en transformant une région historique en spectatrice de la République. Exclure la région de Sédhiou des cercles de décision, c’est amputer la Nation d’une partie de son intelligence et fragiliser le contrat social qui nous lie au sommet de l’État.

Le credo des cadres de Sédhiou : Servir, pas paraître

Face à ce vide, une interrogation plus politique émerge : les enfants de Sédhiou sont-ils victimes de calculs politiciens ?

Sont-ils injustement catalogués pro-PASTEF ou pro-APR, au détriment de leur expertise technique ?

Il est crucial de préciser que les cadres et la jeunesse de la région de Sédhiou ne réclament pas des décrets de nomination pour le prestige des titres ou les privilèges du pouvoir.

Leur démarche est patriotique : ils exigent le droit d’apporter leur pierre à l’édifice national et de mettre leurs compétences au service du développement du Sénégal.

En persistant dans cet oubli, le pouvoir politique central prend le risque de rompre le pacte de confiance avec une région qui n’attend qu’à être traitée avec la dignité et le respect qu’elle mérite.

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