Le terrain de Khar Yalla a abrité ce mercredi la première édition du Salon des Éleveurs de Dakar (SEDAK). Placé sous le parrainage du maire de la capitale, Abass FALL, cet événement inédit a réuni éleveurs, spécialistes vétérinaires et autorités locales autour d’un enjeu crucial : la professionnalisation et la sécurisation de l’élevage en milieu urbain.
Abass Fall mise sur la formation et l’accompagnement technique
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le maire de Dakar a salué la mobilisation du comité d’organisation, dirigé par Mohamed Touré, ainsi que l’engagement des partenaires techniques. Pour l’édile de la capitale, l’élevage ne doit plus être perçu comme une activité secondaire, mais comme un véritable levier de développement local.
« L’élevage est un tout. Il nécessite un accompagnement, notamment en matière de sécurité sanitaire, mais surtout de sécurité alimentaire », a affirmé Abass FALL, soulignant que ce secteur constitue, aux côtés de l’agriculture et de la pêche, un pilier stratégique de l’économie nationale.
Afin de traduire cette vision en actions concrètes, le maire a annoncé le lancement d’un programme de formation ciblé. Mené en collaboration avec le Dr TOURÉ, ce projet permettra de renforcer les compétences de 360 femmes et jeunes, favorisant ainsi leur insertion économique durable dans les métiers de l’élevage.
Prévention sanitaire : L’EISMV rappelle les règles d’or
L’événement a également été marqué par la présence remarquable de l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires (EISMV). Sa représentante, la professeure Mireille Kadja, a rappelé le rôle historique de son institution qui, en 58 ans d’existence, a formé près de 2 000 vétérinaires à travers le continent.
Intervenant sur les bonnes pratiques d’élevage, la professeure a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue de la part des éleveurs :
L’observation quotidienne : Détecter précocement tout changement de comportement chez l’animal pour faciliter le travail du vétérinaire.
La quarantaine obligatoire : Isoler systématiquement tout nouvel animal avant de l’introduire dans le troupeau afin d’éviter la propagation de pathologies.
Vaccination et hygiène stricte : La professeure a martelé que la vaccination contre les maladies des petits ruminants doit impérativement s’accompagner d’une hygiène rigoureuse des enclos et de soins adaptés aux femelles allaitantes pour prévenir des affections telles que les mammites.
« Il vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle rappelé, plaidant pour une collaboration étroite entre les éleveurs du terrain et les praticiens vétérinaires.
Un nouveau souffle pour l’économie locale
En réunissant décideurs publics, scientifiques et acteurs du secteur, cette première édition du SEDAK pose les jalons d’un élevage urbain modernisé, plus performant et respectueux des normes sanitaires. Un signal fort envoyé par la Ville de Dakar et l’EISMV pour transformer ce secteur en un véritable gisement d’emplois et un garant de la sécurité alimentaire dans la capitale.