🔴VIDÉO–VILLES, SANTÉ ET FEMMES : QUAND L’URBANISME SE FAIT « MÉDECIN » POUR TERRASSER LE CANCER DU SEIN

Une randonnée pédestre de 5,5 kilomètres, reliant la Direction Générale des Douanes au parcours sportif situé face au Rectorat de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD), a mobilisé ce samedi de nombreux acteurs institutionnels, professionnels de l’aménagement et citoyens. Organisée par le Club de Réflexion sur l’Urbain (CRU), cette initiative s’inscrit pleinement dans la double dynamique d’Octobre Rose et d’Urban October, le mois international des villes promu par ONU-Habitat. À travers le thème « Villes, santé et femmes : Ensemble contre le cancer du sein », l’événement a posé une équation centrale pour les politiques publiques sénégalaises : l’interdépendance directe entre la qualité de l’aménagement urbain et la santé publique. Face à l’accroissement des défis ĢÞenvironnementaux, des vagues de chaleur et des difficultés d’accès à des espaces de vie adaptés, la question de la planification spatiale ne relève plus seulement de l’ingénierie, mais bien de la survie sanitaire des populations.

Pour porter cette vision, les analyses du président du CRU, l’urbaniste et aménagiste Alé Badara SY, placent la profession au cœur de la thérapie des territoires. En qualifiant l’urbaniste de véritable « médecin de la ville », il rappelle que la prévention et l’aménagement inclusif constituent le meilleur rempart contre la dégradation de la santé collective : « L’urbaniste est le médecin de la ville, c’est celui qui soigne, qui fait des opérations chirurgicales, qui répare la ville, qui restructure la ville et qui rénove la ville. Mais pour faire tout cela, il doit y avoir des moyens, il doit y avoir suffisamment d’urbanistes pour pouvoir accompagner les gouvernements locaux et centraux pour gérer les villes et bien aménager les villes. » Pour M. Sy, l’absence de prise en compte de la dimension féminine et des besoins des enfants dans la conception des marchés ou des espaces communautaires alimente directement les crises urbaines actuelles, contraignant l’État à supporter des coûts sanitaires colossaux qui pourraient être évités par un investissement en amont dans la planification.

Ce plaidoyer pour une refonte des politiques urbaines trouve un prolongement direct dans la voix de Mme GUÈYE Aissatou Ndiaye. Ingénieure géographe, cartographe, vice-présidente du CRU et chargée du secrétariat des agendas urbains internationaux à la DGUA, elle insiste sur la nécessité impérative d’associer les experts aux décisions politiques : « D’abord il faut nous laisser la place, il faut laisser la place à l’urbaniste. Tout à l’heure le président l’a dit, l’urbaniste est le médecin de la ville, mais si le médecin n’est pas consulté, ou bien si on le consulte sans pour autant le diagnostic en prendre compte, ça va être difficile. Permettez-nous de jouer notre rôle, parce qu’on sait que rien ne se fait sans l’urbaniste, particulièrement sans la planification urbaine. » Rappelant l’impact des femmes leaders qui ont redynamisé l’administration de l’urbanisme malgré des ressources limitées, Mme Guèye appelle à lever les freins institutionnels pour permettre aux compétences nationales, et particulièrement aux femmes aménagistes, de déployer leur plein potentiel. Entre séances de sensibilisation médicale au dépistage et exigence d’une ville plus humaine, cette mobilisation du CRU marque une étape clé pour réconcilier Dakar avec ses habitants.

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