DUNDAL JOJ: ANATOMIE D’UNE STRUCTURE MORT-NÉE, TROMPE-L’ŒIL ET SANS CRÉDIT (Par Serigne Mbacké NDIAYE)
Il faut appeler un chat un chat. Depuis quelques semaines, une structure aussi informelle que bruyante, dénommée DUNDAL JOJ, s’agite dans tous les sens, avec une boulimie médiatique qui frise l’indécence.
Son mode opératoire ? Utiliser sans vergogne l’image du Président de la République à des fins purement commerciales et mercantiles, allant même jusqu’à vouloir programmer un soi-disant « Khoutba national » dans les mosquées. C’est grave. C’est irresponsable. C’est surtout illégal et irrespectueux. Une dérive dangereuse et irresponsable.
On ne peut pas, on ne doit pas utiliser l’image du Chef de l’État à des fins lucratives. Le Président de la République n’est pas une marque commerciale. Il est le Chef suprême des Armées, le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, mais surtout et avant tout, le Président de tous les Sénégalais. Il est au-dessus de la mêlée, au-dessus des petites combines et des petites structures en quête de légitimité.
Vouloir polir son image en se collant au Chef de l’État, c’est méconnaître fondamentalement le rôle et la mission d’un conseiller de la Présidence. Le rôle d’un conseiller n’est pas de créer une officine parallèle pour se faire un nom. C’est de servir la République dans l’ombre, avec loyauté, sérénité et discrétion.
On ne peut pas tromper l’opinion. On ne peut pas faire de la diversion pour s’approprier une mission qui n’est pas la vôtre. Les populations, qui ne sont point dupes, se posent d’ailleurs la question la plus légitime qui soit: c’est quoi, au juste, DUNDAL JOJ ?
La réponse est simple: c’est une structure mort-née. Un trompe-l’œil. Une coquille vide qui ne jouit d’aucun crédit auprès des populations, d’aucune reconnaissance sur le plan national et encore moins sur le plan international auprès du CIO et du COJOJ
Mais le non-sens est encore plus profond sur le plan sémantique et symbolique. En wolof, « DUNDAL » signifie ressusciter, réveiller un mort. Quel aveu ! Quel aveu d’échec et quelle insulte ! Vouloir « DUNDAL » les JOJ, c’est présupposer et insinuer que les JOJ sont morts. Or, les JOJ ne sont jamais morts.
À force de vouloir forcer le destin, à force de vouloir se faire un nom à tout prix, on finit toujours par se cogner contre un mur. Et le mur de la réalité est dur.
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 n’ont pas commencé hier. Ils ont démarré depuis leur attribution historique à Buenos Aires en 2018. Depuis lors, l’État du Sénégal, le CNOSS, le COJOJ, le CIO travaillent d’arrache-pied, avec méthode et rigueur, pour livrer des Jeux historiques. Ce n’est pas à deux mois de l’événement, alors que tout est quasiment prêt, qu’on va venir nous brandir un DUNDAL JOJ comme si les Jeux étaient morts et qu’il fallait les ressusciter.
C’est non seulement une insulte à l’intelligence collective, mais c’est surtout manquer de respect à la République et au Chef de l’État lui-même. Car insinuer qu’il faut « dundal » – ressusciter ou réveiller – les JOJ, c’est insinuer que le travail colossal abattu par le Président de la République et toutes les structures officielles depuis 8 ans n’a servi à rien.
Et c’est ici que l’indécence du conseiller atteint son paroxysme. Le Président de la République, dans la haute mission qui est la sienne, a besoin de conseillers qui lui apportent de la sérénité, de l’expertise, de la valeur ajoutée, des solutions. Il n’a nullement besoin de conseillers qui lui créent des problèmes, qui lui créent des adversaires et qui ouvrent des fronts inutiles.
Car l’homme qui se cache derrière cette officine est coutumier des fronts et des conflits. Faut-il rappeler sa guerre ouverte et permanente avec les fédérations sportives, contre Guédiawaye Football Club , au point d’aller jusqu’au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) où il a été magistralement débouté ? Faut-il rappeler cette affaire de foncier litigieux à laquelle son nom serait intimement lié et qui continue de faire jaser ?
Alors, on est en droit de se poser la question: quelle est sa véritable ambition ? Veut-il devenir Ministre des Sports? Veut-il devenir Président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) ? En tout état de cause, les actes qu’il pose au quotidien ne militent nullement en sa faveur. On ne rassemble pas en divisant. On ne conseille pas en créant le désordre.
Le Président de la République a besoin de rassembleurs. D’hommes et de femmes capables de fédérer, de construire, de porter une vision. Il n’a pas besoin de jusqu’au-boutistes qui, par leurs agissements, lui créent plus d’adversaires que d’amis.
DUNDAL JOJ n’est pas une solution. C’est une diversion. Ce n’est pas un projet. C’est une imposture. Le non-sens absolu, c’est de vouloir ressusciter un mort qui n’est jamais mort.
Les JOJ n’ont pas besoin d’être réveillés. Ils sont plus que jamais éveillés.
Serigne Mbacké NDIAYE
