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🔮VIDÉO–JUSTICE, DROITS HUMAINS ET FIN DE LA PEINE DE MORT AU TCHAD : LE GRAND ORAL D’ALIXE NAÏMBAYE À LA 89E. SESSION DE LA CADHP À DAKAR

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En marge des travaux de la session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) qui s’est tenue dans la capitale sĂ©nĂ©galaise, Mme Ndolenodji Alixe NaĂŻmbaye, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, ChargĂ©e des Droits Humains du Tchad, s’est livrĂ©e Ă  un entretien exclusif. Entre rĂ©formes institutionnelles, consolidation de la dĂ©mocratie et impĂ©ratif de justice sociale, la garde des Sceaux dresse un panorama exhaustif et sans complaisance de la situation dans son pays, tout en rĂ©affirmant l’engagement ferme de N’Djamena sur la scĂšne continentale.

Un ancrage démocratique et institutionnel renouvelé

Alors que le Tchad vient de traverser une pĂ©riode clĂ© de son histoire contemporaine, la ministre tient d’emblĂ©e Ă  rappeler les fondements de la dynamique engagĂ©e sous l’impulsion du chef de l’État. Pour Mme Ndolenodji Alixe NaĂŻmbaye, les critĂšres d’Ă©valuation des droits fondamentaux ne sauraient se rĂ©duire Ă  de vaines abstractions : ils s’incarnent dans un cadre juridique et institutionnel solide.

« La situation des droits de l’homme s’apprĂ©cie dans un pays par rapport Ă  l’existence de certains Ă©lĂ©ments assez essentiels : la ratification des instruments juridiques pertinents, l’existence de structures telles que la Commission nationale des droits de l’homme, la possibilitĂ© d’exercer les libertĂ©s fondamentales Ă  travers des organisations de la sociĂ©tĂ© civile, des mĂ©dias publics et privĂ©s, et un environnement politique pluraliste. »

Abordant le retour Ă  l’ordre constitutionnel, la ministre souligne la portĂ©e historique de la dĂ©marche inclusive adoptĂ©e par le gouvernement. Le franchissement des Ă©tapes dĂ©mocratiques — du dialogue national souverain Ă  l’instauration de la Vᔉ RĂ©publique — tĂ©moigne selon elle d’une volontĂ© politique inĂ©branlable.

« Le PrĂ©sident de la RĂ©publique a marquĂ© son mandat et la pĂ©riode de transition par une volontĂ© forte, avec un calendrier annoncĂ© et respectĂ© pour le retour Ă  l’ordre constitutionnel. La politique de la main tendue a permis qu’ensemble, le peuple tchadien progresse vers l’adoption de la Constitution par voie rĂ©fĂ©rendaire et la mise en place d’un parlement bicamĂ©ral avec l’AssemblĂ©e et le SĂ©nat. Ce sont des avancĂ©es majeures. »

Une justice indépendante et une protection renforcée des vulnérables

Au cƓur des prĂ©occupations du ministĂšre de la Justice figure la question clĂ© de l’indĂ©pendance de la magistrature et du renforcement de l’État de droit. La ministre met en avant des rĂ©formes majeures qui redessinent l’architecture judiciaire tchadienne, garantissant une meilleure sĂ©paration des pouvoirs et une lutte accrue contre l’impunitĂ©.

« La rĂ©forme du Conseil supĂ©rieur de la magistrature garantit aujourd’hui l’indĂ©pendance de la justice puisque le chef de l’État ne le dirige plus. Sur le plan lĂ©gislatif, l’ordonnance 03 vient durcir les conditions de poursuite pour les auteurs de violences basĂ©es sur le genre (VBG). »

Toutefois, pour la garde des Sceaux, une justice Ă©quitable reste illusoire si elle n’est pas accessible au plus grand nombre. L’accent est donc mis sur la modernisation de l’aide juridictionnelle et le suivi rigoureux du Plan national de dĂ©veloppement du secteur judiciaire.

« Lorsque nous parlons de la dĂ©fense et de la protection des droits de l’homme, la condition sine qua non est la facilitĂ© de l’accĂšs Ă  la justice et Ă  l’aide juridictionnelle. Nous travaillons pour que l’ensemble de nos instruments nationalisent et concrĂ©tisent le respect des engagements du pays, notamment sur la question pĂ©nitentiaire et de la dignitĂ© humaine. »

Droits fondamentaux et progrĂšs sociaux : l’eau et la santĂ© au premier plan

Élargissant la dĂ©finition des droits humains aux droits Ă©conomiques et sociaux, Mme Ndolenodji Alixe NaĂŻmbaye rappelle que l’accĂšs Ă  l’eau potable, Ă  l’Ă©ducation et aux soins de santĂ© constitue le socle indissociable de la dignitĂ© humaine. À cet Ă©gard, des investissements majeurs ont Ă©tĂ© consentis par le gouvernement tchadien.

« L’Ă©ducation, la santĂ©, l’eau et l’assainissement sont des droits fondamentaux. Le rĂ©cent Forum sur l’eau a permis de parvenir Ă  un pacte sur une enveloppe de 3,8 milliards de francs CFA qui facilitera l’accĂšs Ă  l’eau pour les populations, en plus du programme dĂ©ployĂ© dans 11 provinces. Dans le domaine de la santĂ©, la prise en charge du diabĂšte est dĂ©sormais renforcĂ©e et une loi permettant la transplantation rĂ©nale a Ă©tĂ© adoptĂ©e. »

Une voix forte pour l’Afrique et l’abolitionnisme

En se prĂ©sentant devant la CADHP Ă  Dakar avec un rapport pĂ©riodique cumulatif couvrant la pĂ©riode 2022-2026, le Tchad entend participer pleinement au dialogue constructif avec les mĂ©canismes rĂ©gionaux. Pour la ministre, la quĂȘte des droits humains est un cheminement continu qui exige rigueur et humilitĂ©.

« S’agissant d’un idĂ©al, l’effort est constant. On ne doit jamais lever le pied sur les efforts pour pouvoir tendre vers cet idĂ©al, et le gouvernement tchadien est bien inscrit dans cette logique. »

Enfin, la ministre a tenu Ă  souligner le positionnement du Tchad sur des sujets sociĂ©taux et stratĂ©giques majeurs, notamment l’abolition de la peine de mort et la prĂ©servation de la paix rĂ©gionale, condition prĂ©alable Ă  toute jouissance des droits humains.

« Le Tchad est aujourd’hui un pays abolitionniste. C’est une contribution sur le plan continental : le fait qu’un pays entre parmi le concert des nations qui ont fait ce choix entraĂźne l’ensemble du continent sur une voie qui devient celle de la majoritĂ©. Les droits de l’homme sont fortement dĂ©pendants des questions de paix et de sĂ©curitĂ©, et le Tchad continuera d’apporter sa pierre Ă  cet Ă©difice. »

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