đŽVIDĂOâDAKAR CAPITALE DâUNE JUSTICE QUI NE SE CONTENTE PLUS DE PUNIR, MAIS QUI CHOISIT DE RECONSTRUIRE
Les 29 et 30 octobre 2026, lâHĂŽtel Pullman de Dakar est devenu le théùtre d’un tournant dĂ©cisif pour le systĂšme pĂ©nitentiaire de la sous-rĂ©gion. RĂ©unis Ă lâoccasion de la ConfĂ©rence rĂ©gionale sur la rĂ©insertion sociale et lâaccompagnement avant et aprĂšs la sortie de prison, dĂ©cideurs publics, experts internationaux du Maroc, de la Tunisie, dâAlgĂ©rie et dâAllemagne, magistrats et acteurs de la sociĂ©tĂ© civile ont scellĂ© une alliance inĂ©dite. Au cĆur des dĂ©bats : l’urgence de transformer l’expĂ©rience carcĂ©rale en un vĂ©ritable levier d’intĂ©gration et de lutte contre la rĂ©cidive.
Ouvrant les travaux avec une conviction chevillĂ©e au corps, le Directeur GĂ©nĂ©ral de lâĂcole Nationale dâAdministration PĂ©nitentiaire (ENAP) a posĂ© les jalons dâune vision ambitieuse qui vise Ă faire de son Ă©tablissement un modĂšle de formation Ă l’horizon 2033. Rappelant la vĂ©ritable portĂ©e de la mission pĂ©nitentiaire, il a martelĂ© le sens profond de la doctrine d’enseignement : « Former un agent de l’administration pĂ©nitentiaire, c’est pas seulement lui apprendre Ă garder une porte, Ă appliquer un rĂšglement ou Ă assurer la sĂ©curitĂ© d’un Ă©tablissement. C’est aussi lui apprendre Ă exercer une autoritĂ© qui protĂšge, une discipline qui respecte, une sĂ©curitĂ© qui garantit les droits et une action pĂ©nitentiaire qui prĂ©pare l’avenir. » â Inspecteur Mbaye SARR, DG de l’ENAP
Cette ambition trouve un Ă©cho direct dans les rĂ©formes engagĂ©es par l’Ătat du SĂ©nĂ©gal. PrĂ©sidant la cĂ©rĂ©monie officielle, le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a rĂ©affirmĂ© l’engagement des autoritĂ©s Ă placer la dignitĂ© humaine au centre de la politique pĂ©nale. Soulignant que la privation de libertĂ© ne doit jamais signifier l’abandon des droits ni la rupture dĂ©finitive avec la sociĂ©tĂ©, le ministre a adressĂ© un message fort Ă l’ensemble de la communautĂ© judiciaire et aux partenaires : « La protection de la sociĂ©tĂ© et la rĂ©duction de la rĂ©cidive ne peuvent ĂȘtre atteintes que si la pĂ©riode de dĂ©tention sert autant que possible Ă prĂ©parer la rĂ©insertion. La protection de la sociĂ©tĂ© pour punir ne signifie donc pas renoncer Ă reconstruire. » â MaĂźtre Moussa SARR, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux
De la parole aux actes, les annonces concrĂštes sont venues Ă©tayer ces dĂ©clarations de principe. Pour soulager les Ă©tablissements pĂ©nitentiaires et renforcer l’encadrement des personnes dĂ©tenues, le recrutement de 418 nouveaux agents a Ă©tĂ© autorisĂ© pour l’annĂ©e 2026. ParallĂšlement, le SĂ©nĂ©gal dĂ©ploie des initiatives Ă©conomiques et Ă©ducatives inĂ©dites au sein des prisons, allant du dĂ©veloppement de boulangeries et d’ateliers professionnels Ă l’exploitation de terres agricoles pour la riziculture dans le nord du pays. Des partenariats universitaires et scolaires viendront Ă©galement permettre aux dĂ©tenus de poursuivre leurs Ă©tudes et d’obtenir des diplĂŽmes.
En incitant parallĂšlement les magistrats Ă recourir davantage aux peines alternatives et aux amĂ©nagements de peine prĂ©vus par la loi, les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises posent les fondations d’un modĂšle pĂ©nitentiaire moderne et humaniste. Cette confĂ©rence rĂ©gionale dĂ©montre avec force que la sĂ©curitĂ© durable d’une nation ne se mesure pas Ă la hauteur de ses murs de prison, mais bien Ă sa capacitĂ© Ă tendre la main Ă ceux qui franchissent le seuil du retour Ă la libertĂ©.
Retrouvez, sur la vidĂ©o ci-dessous, les dĂ©clarations du DG de l’ENAP et du Ministre de la Justice.
