đŽVIDĂOâURGENCES BLOQUĂES, CANAUX BOUCHĂS, VIES EN DANGER : MAKHTAR CISSĂ MET LES SĂNĂGALAIS FACE Ă LEURS RESPONSABILITĂSÂ
La rĂ©cente nomination de Mouhamadou Makhtar CISSĂ Ă la tĂȘte du ministĂšre de lâIntĂ©rieur et de la SĂ©curitĂ© Publique s’accompagne dâune immersion immĂ©diate et pragmatique sur le terrain. Entamant sa traditionnelle tournĂ©e de prise de contact, le nouveau locataire de la Place Washington a tenu Ă marquer un arrĂȘt hautement symbolique Ă la caserne de Malick SY, lâĂtat-Major de la Brigade Nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP). Accueilli par le GĂ©nĂ©ral Mamadou NDOYE, le ministre a d’emblĂ©e posĂ© un diagnostic lucide sur la protection civile au SĂ©nĂ©gal. Loin des discours de convenance, il a livrĂ© un plaidoyer poignant, rappelant Ă la nation entiĂšre que lâhĂ©roĂŻsme des secouristes, aussi admirable soit-il, se heurte trop souvent au mur de lâindiscipline citoyenne. L’heure n’est plus Ă la simple rĂ©action face aux drames, mais Ă une profonde remise en question collective, particuliĂšrement Ă l’aube d’un hivernage qui s’annonce dĂ©jĂ exigeant avec les premiĂšres prĂ©cipitations qui s’abattent sur la capitale sĂ©nĂ©galaise.
Lâhommage rendu par le ministre aux soldats du feu a Ă©tĂ© Ă l’exacte mesure de leur engagement de tous les instants. Saluant la qualitĂ© exceptionnelle du travail de planification stratĂ©gique initiĂ© par la hiĂ©rarchie pour moderniser la brigade avec un cap fixĂ© jusqu’en 2029, Mouhamadou Makhtar CISSĂ a exprimĂ© son admiration sans bornes pour ces hommes et ces femmes qui ont Ă©rigĂ© le sacrifice en vĂ©ritable sacerdoce. Il a d’ailleurs rappelĂ© avec une justesse frappante l’essence mĂȘme de leur noble mission, en superposant leur identitĂ© fonciĂšrement militaire Ă leur vocation salvatrice de secouristes. « Rien que la devise de la Brigade suffit pour rĂ©sumer leur sens de devoir. Sauver ou pĂ©rir, il y a trĂšs peu qui lâauraient choisie. Câest une vocation », a-t-il soulignĂ© avec ferveur. Il a ensuite prĂ©cisĂ© que la combinaison de cet adage avec celui de lâarmĂ©e nationale (« On nous tue, on ne nous dĂ©shonore pas ») incarne un don de soi absolu qui impose le respect de tous. Pourtant, l’homme d’Ătat a fait preuve d’une honnĂȘtetĂ© intellectuelle remarquable en abordant la question cruciale des dotations logistiques. Refusant de verser dans un triomphalisme bĂ©at, il a tenu Ă prĂ©ciser au sujet des Ă©quipements : « Moyens qui, si impressionnants soient-ils, demeurent encore insuffisants par rapport Ă lâampleur des risques quâils adressent, mais Ă©galement par rapport aux nombreuses attentes des SĂ©nĂ©galais. »
Cette insuffisance, inhĂ©rente aux dĂ©fis de toute nation en dĂ©veloppement, ne saurait toutefois ĂȘtre comblĂ©e par la seule acquisition de matĂ©riel roulant ou de technologies de pointe. C’est prĂ©cisĂ©ment sur ce point que le discours du ministre prend une dimension rĂ©solument morale et civique, pointant du doigt les comportements irresponsables qui paralysent trop souvent l’action vitale des secours. Pour illustrer son propos avec une acuitĂ© dĂ©sarmante, Mouhamadou Makhtar CISSĂ s’est appuyĂ© sur la rĂ©alitĂ© de nos routes, Ă©voquant un rĂ©cent carambolage sur l’autoroute Ă pĂ©age, oĂč les embouteillages créés par les curieux et les imprudents ont sĂ©vĂšrement entravĂ© l’arrivĂ©e des urgences. Il a ainsi lancĂ© un appel ferme et sans Ă©quivoque Ă la conscience collective : « Câest la discipline qui peut aider Ă sauver des vies. Et cette discipline, nous devons tous lâinterroger, nous devons tous la voir, savoir que la bande passante doit ĂȘtre libĂ©rĂ©e pour les vĂ©hicules de secours. » Cette dĂ©nonciation de l’incivisme routier rĂ©sonne comme un cri d’alarme : en encombrant la bande d’arrĂȘt d’urgence, chaque conducteur devient, consciemment ou non, un obstacle direct Ă la survie d’un de ses compatriotes en dĂ©tresse.
Ce mĂȘme dĂ©ficit cruel de civisme aggrave inexorablement le flĂ©au cyclique des inondations urbaines. Face aux motopompes de grande capacitĂ© et aux dispositifs de sauvetage dĂ©ployĂ©s par l’Ătat, la rĂ©alitĂ© du terrain reste implacable. Le ministre de l’IntĂ©rieur s’est voulu on ne peut plus clair sur les limites physiques de l’intervention publique lorsque les rĂšgles Ă©lĂ©mentaires de l’amĂ©nagement urbain sont bafouĂ©es par les riverains eux-mĂȘmes. « Si les populations continuent Ă obstruer les voies dâeau, si les populations continuent Ă boucher les Ă©gouts, si les populations continuent Ă construire carrĂ©ment, et en dur, mĂȘme parfois sur les voies dâeau, le matĂ©riel ne pourra pas suffire pour pomper toute l’eau que nous avons », a-t-il averti avec une gravitĂ© qui en appelle Ă la responsabilitĂ© de chacun.
En dĂ©finitive, Mouhamadou Makhtar CISSĂ invite la nation entiĂšre Ă un changement de paradigme salutaire et urgent. Lâultime victoire contre les pĂ©rils de notre temps ne rĂ©side pas dans la rĂ©paration hĂątive des dĂ©gĂąts, souvent synonyme de drames humains irrĂ©versibles, mais bien dans la prĂ©vention, la prĂ©vision et la rigueur comportementale. Pour bĂątir ce pays plus sĂ»r dont il porte dĂ©sormais la charge, l’effort de sĂ©curitĂ© ne doit plus ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l’apanage exclusif des hommes et des femmes en uniforme. Il s’agit d’une Ćuvre commune, une coproduction oĂč la rĂ©ussite des sapeurs-pompiers est intimement liĂ©e Ă la discipline inĂ©branlable de chaque citoyen sĂ©nĂ©galais.
Retrouvez, sur la vidĂ©o ci-dessous, sa dĂ©claration recueillie Ă l’issue de sa visite.
