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ASSEMBLÉE NATIONALE : LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE DE PASTEF TRANSFORMÉE EN ARME DE RÈGLEMENT DE COMPTES POLITIQUE (Par Abdoulaye Gallo DIAO)

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Le paradoxe est désormais manifeste.

Pour encadrer les fonds spéciaux relevant du Président Bassirou Diomaye FAYE, Ousmane SONKO et sa majorité parlementaire décident de modifier la loi organique portant loi de finances. Par contre, pour les dépenses spéciales relevant du Président par effraction de l’Assemblée nationale, Ousmane SONKO, son simple arrêté adopté sous sa présidence par le Bureau fixe les règles de fonctionnement et de contrôle de leur utilisation, en excluant toute procédure indépendante de contrôle et de vérification soumise à une loi.

Pour Diomaye, il faut franchir toutes les limites objectives, s’il le faut, jusqu’à modifier la loi organique portant loi de finances après leur débâcle devant le Conseil constitutionnel. En revanche, pour Sonko, son propre arrêté, adopté par son propre Bureau, suffit pour faire la transparence dans la gestion de sa caisse noire. Quelle incroyable versatilité !

Voilà la contradiction fondamentale qui attire l’attention de tout observateur disposant d’un minimum de capacité de discernement et d’objectivité. La même majorité qui veut renforcer le contrôle sur les ressources de la Présidence de la République organise elle-même, au sein de l’Assemblée nationale, ses propres règles applicables aux dépenses de son propre Président.

Mais le problème va au-delà de cette contradiction. Depuis le limogeage d’Ousmane SONKO de la Primature, le 22 mai 2026, celui-ci est devenu Président par effraction de l’Assemblée nationale grâce à une majorité de députés transformés, pour les circonstances, en suppôts du Gourou. Depuis lors, l’Assemblée est devenue le principal théâtre d’un règlement de comptes cynique dirigé contre le Président de la République sur l’autel de mesquineries politiciennes.

Les initiatives concernant les fonds spéciaux, la déclaration de patrimoine du Président et d’autres dossiers visant directement l’Exécutif s’inscrivent dans cette nouvelle confrontation. Au regard de cette chronologie et de l’accumulation des affrontements, il devient difficile de ne pas voir dans l’instrumentalisation de la majorité parlementaire un véritable règlement de comptes politique visant directement le Président Diomaye FAYE.

L’Assemblée nationale doit pourtant exercer ses missions constitutionnelles au service de la Nation, et non devenir l’instrument d’un Gourou et de ses suppôts pour créer une confrontation personnelle entre deux responsables issus du même camp politique.

Il est temps de rétablir l’égalité institutionnelle pour consacrer le respect du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs (exécutif et législatif) et de l’État de droit, en édictant des règles générales et impersonnelles de transparence dans la gestion des deniers publics.

Abdoulaye Gallo DIAO

Membre du Bureau politique du PS, Secrétaire national adjoint chargé des TIC.

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