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🔮VIDÉO–ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ANIIDES : CEUX QUI TIENNENT LA SANTÉ DEBOUT REFUSENT DE RESTER À GENOUX

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C’est un paradoxe qui rĂ©sume Ă  lui seul l’anomalie de l’Ă©cosystĂšme sanitaire sĂ©nĂ©galais : le professionnel qui vous accueille au poste de santĂ© Ă  trois heures du matin, qui pose le diagnostic d’urgence, panse les plaies et vaccine les enfants, est le mĂȘme que l’administration s’Ă©vertue Ă  confiner au bas de l’échelle de la dĂ©cision. RĂ©unis les 19 et 20 juin Ă  l’École Nationale de DĂ©veloppement Sanitaire et Social (ENDSS) de Dakar pour l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de renouvellement des instances de l’ANIIDES — une premiĂšre depuis onze ans —, les infirmiers et infirmiĂšres d’État ont dĂ©cidĂ© de briser l’omerta de la rĂ©signation. PlacĂ©e sous le signe du leadership et couronnĂ©e par un vibrant hommage au Dr Awa Seck, figure tutĂ©laire de la profession, cette rencontre a pris les allures d’un sursaut existentiel.

Pour Ismaila MBAYE, prĂ©sident de l’ANIIDES, l’enjeu de ces assises dĂ©passe la simple cosmĂ©tique associative pour toucher Ă  l’architecture des politiques publiques. « AprĂšs l’installation du bureau depuis 2015, il fallait renouveler nos instances pour renforcer l’unitĂ©, mais surtout pour nous permettre d’influer sur les politiques de santĂ© », a-t-il posĂ© d’emblĂ©e, ciblant un plafond de verre institutionnel devenu intolĂ©rable. « Aujourd’hui, au niveau des instances dĂ©cisionnelles, pratiquement il n’y a pas d’infirmiers. On parle de l’universalisation de la formation avec l’appui des organisations syndicales pour le relĂšvement Ă  la hiĂ©rarchie A, mais jusqu’Ă  prĂ©sent, on peine Ă  y ĂȘtre. Il nous revient de mobiliser nos collĂšgues pour nous repositionner Ă  travers le systĂšme. »

Cette quĂȘte de lĂ©gitimitĂ© trouve un Ă©cho d’une combativitĂ© redoutable chez Mballo Dia THIAM. Venu apporter la caution morale du SUTSAS et de l’Alliance And Gueusseum, le bouillant secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral a rappelĂ© la complĂ©mentaritĂ© organique qui lie l’association, « creuset de rĂ©flexion », au syndicat, « bras armĂ© » chargĂ© de porter le fer des revendications. Sans dĂ©tours, il a dĂ©noncĂ© l’hypocrisie d’une tutelle qui s’en remet Ă  une corporation qu’elle nĂ©glige : « La santĂ© publique, toute la santĂ© des populations repose sur les infirmiers et les sages-femmes parce qu’on n’a pas assez de mĂ©decins. L’État doit Ă  cette catĂ©gorie beaucoup de respect », a-t-il tonnĂ©, s’indignant au passage de l’absence de reprĂ©sentants du ministĂšre de la SantĂ© au prĂ©sidium. Rappelant les batailles historiques menĂ©es depuis 1983, le syndicaliste a fustigĂ© un dĂ©sĂ©quilibre macro-Ă©conomique absurde oĂč le budget national de la santĂ© stagne Ă  3 %, obligeant les mĂ©nages sĂ©nĂ©galais Ă  supporter 52 % des dĂ©penses de soins.

DerriĂšre les discours officiels, c’est le portrait d’une profession en apnĂ©e qui s’est dessinĂ© dans l’amphithéùtre de l’ENDSS. Comment justifier, en 2026, que le projet de loi crĂ©ant l’Ordre des Infirmiers soit toujours otage de la lenteur bureaucratique ? En l’absence de ce bouclier juridique, un infirmier de brousse contraint de poser un acte mĂ©dical de sauvetage en l’absence de mĂ©decin risque Ă  tout instant dix ans de prison pour exercice illĂ©gal de la mĂ©decine. À cette insĂ©curitĂ© s’ajoute l’Ă©puisement d’un personnel broyĂ© par le non-respect de la rĂšgle des trois-huit, et la prĂ©carisation dramatique des Agents de SantĂ© Communautaire (ASC), corvĂ©ables Ă  l’extrĂȘme.

Le signal envoyĂ© depuis l’ENDSS est sans Ă©quivoque : la blouse blanche ne veut plus se contenter d’exĂ©cuter. Forts de l’universitarisation LMD qui leur ouvre l’accĂšs aux masters et aux doctorats de spĂ©cialitĂ©, les praticiens exigent leur intĂ©gration dĂ©finitive Ă  la hiĂ©rarchie A et la crĂ©ation de directions dĂ©diĂ©es au sein du ministĂšre. L’État est prĂ©venu : on ne maintient pas la colonne vertĂ©brale sanitaire d’une nation avec des hommages d’estime, pendant que ceux qui la font tenir debout continuent de battre le pavĂ© pour de modestes indemnitĂ©s.Que les autoritĂ©s se le tiennent donc pour dit : Ceux qui tiennent la santĂ© debout refusent de rester Ă  genoux, dĂ©sormais.

Retrouvez, sur la vidéo ci-dessous, les plaidoyers des SG Ismaila MBAYE et Mballo Dia THIAM.

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