DÉFENDRE AMINATA TOURÉ, C’EST AUSSI DÉFENDRE LA LIBERTÉ DE SOUTENIR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE (Par Dr Amineta GASSAMA)
DÉFENDRE AMINATA TOURÉ, C’EST AUSSI DÉFENDRE LA LIBERTÉ DE SOUTENIR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE (Par Dr Amineta GASSAMADepuis quelque temps, certains commentaires cherchent à faire porter à Mme Aminata TOURÉ, Superviseure générale de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, la responsabilité des divergences politiques apparues entre le Président Bassirou Diomaye FAYE et Ousmane SONKO. Cette accusation mérite d’être examinée avec sérénité.
En politique comme ailleurs, une responsabilité ne se décrète pas : elle se démontre par des faits.
Or, jusqu’à preuve du contraire, quels actes précis peut-on attribuer à Aminata TOURÉ qui permettraient d’établir qu’elle aurait provoqué, organisé ou entretenu une brouille entre deux responsables politiques adultes, disposant chacun de leur autonomie, de leurs responsabilités et de leur propre appréciation des événements ?
On ne peut pas transformer une femme politique en bouc émissaire simplement parce qu’elle assume clairement ses choix.
Aminata TOURÉ n’a jamais dissimulé son engagement. Elle a soutenu la coalition « Diomaye Président » avant l’élection présidentielle. Elle a appelé les Sénégalais à porter Bassirou Diomaye FAYE à la magistrature suprême. Qu’elle continue aujourd’hui à soutenir le Président de la République relève donc d’une cohérence politique que chacun est libre d’approuver ou de contester.
Il serait paradoxal de lui reprocher précisément cette constance.
Elle le dit elle-même : « Ce qui serait malsain, c’est d’appeler les Sénégalais à le porter au pouvoir et de lui mettre des bâtons dans les roues ensuite. »
Cette déclaration pose une question de fond : lorsqu’on contribue à faire élire un Président, doit-on ensuite être accusé de division parce qu’on choisit de continuer à le soutenir ?
Notre réponse est non.
Le Sénégal doit également sortir d’une vieille facilité politique : lorsque des désaccords apparaissent entre des hommes occupant le sommet du pouvoir, on cherche trop souvent à désigner une femme comme responsable cachée de leur différend. Cette manière de personnaliser les divergences dispense trop facilement d’en analyser les véritables causes politiques, institutionnelles ou stratégiques.
Bassirou Diomaye FAYE et Ousmane SONKO sont des responsables politiques majeurs. S’il existe entre eux des divergences, elles doivent être analysées à partir de leurs actes, de leurs déclarations et de leurs choix respectifs. Deux dirigeants, deux choix, deux responsabilités : à chacun de les assumer. Aminata TOURÉ ne saurait répondre à leur place.
Le Président de la République, élu par le peuple, doit pouvoir exercer pleinement ses prérogatives, dans le respect de la Constitution et des institutions. De même, chaque responsable politique doit assumer ses propres positions. Blâmer les autres, c’est fuir ses responsabilités.
Il faut également respecter le parcours d’Aminata TOURÉ. Ancienne Première ministre, ancienne ministre de la Justice et personnalité politique expérimentée, elle possède un parcours d’engagement et de compétence qui ne peut être réduit à la relation entre deux autres acteurs politiques.
Aujourd’hui, à travers KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, elle assume une orientation politique. On peut contester cette orientation par les idées. On peut discuter ses positions. On peut lui demander des comptes sur ses déclarations et ses actes. C’est la démocratie.
Mais la démocratie exige également une règle élémentaire : ne pas présenter comme établi ce qui ne repose que sur des accusations ou des interprétations. Attaquer une femme parce qu’elle est une femme n’est pas une stratégie politique : c’est une faiblesse. Quand les arguments manquent, certains préfèrent les attaques personnelles. Le débat démocratique, lui, exige des faits et des arguments.
Aminata TOURÉ affirme : « Je n’ai aucune part de responsabilité dans cette discorde. Je n’ai fait que suivre la logique des choses. »
À ceux qui soutiennent le contraire revient donc la responsabilité d’apporter des faits vérifiables au débat public.
Pour notre part, nous considérons que soutenir le Président Bassirou Diomaye FAYE n’est ni une faute politique ni une entreprise de déstabilisation. C’est un choix politique parfaitement légitime. Le choix nous appartient : celui de privilégier les solutions plutôt que les querelles d’ego, le travail plutôt que les polémiques et la responsabilité plutôt que la recherche permanente de coupables.
Le Sénégal doit être attentif aux véritables enjeux auxquels il est confronté, notamment aux tensions sociales, aux attentes économiques, à l’emploi, à l’éducation, à la santé et au développement de ses territoires. Le pays a davantage besoin de solutions que de diversions.
Le Président Bassirou Diomaye FAYE sera, comme tout dirigeant, jugé sur ses actes et sur ses résultats. Le Sénégal le soutiendra lorsqu’il agira dans l’intérêt de la Nation et le jugera sur les résultats de son action.
La perte de confiance paralyse l’action publique. C’est pourquoi nous devons dire : assez de silence, assez de fuite devant les responsabilités ! Un véritable leader ne cherche pas à avoir raison à tout prix ; il cherche à agir justement dans l’intérêt du peuple.
Le pouvoir est temporaire, la responsabilité demeure. L’exercice du pouvoir peut faire oublier certaines réalités, mais l’histoire n’efface ni les décisions ni les engagements. Chacun doit donc répondre de ses choix devant le peuple et devant l’histoire.
Notre responsabilité collective est également de veiller au respect de la justice, de défendre la vérité, même lorsqu’elle dérange, et de préserver la solidité de nos institutions.
Le Sénégal a besoin d’un débat public plus exigeant : des faits plutôt que des procès d’intention, des arguments plutôt que des accusations et des confrontations de projets plutôt que la recherche permanente de boucs émissaires.
Interrogeons, exigeons, proposons, construisons. Écoutons, décidons et agissons dans l’intérêt général. La démocratie ne peut grandir que dans la responsabilité, la justice et le respect des faits.
Mme Aminata TOURÉ a choisi son engagement et l’assume publiquement. Que ses adversaires combattent ses idées s’ils le souhaitent. Mais qu’on ne la désigne pas comme coupable, sans preuves, des relations entre deux autres dirigeants politiques.
Un peuple conscient est un peuple debout. Un peuple debout peut changer son destin. Le Sénégal n’est pas un héritage à détruire, c’est un trésor à transmettre.
C’est une question de justice dans le débat public.
C’est aussi une question de responsabilité démocratique.
Dr Amineta GASSAMA
