C’est à se demander de quoi le ministre Mamadou Lamine DIANTÉ est- le nom ?
Ancien Syndicaliste percutant du secteur vital et énergivore de l’éducation, l’homme s’est complètement métamorphosé. D’abord à la tête du Haut Conseil pour le dialogue social et puis tout récemment sous son manteau commode et douillet de ministre du travail, de la fonction publique et de la Réforme du secteur public.
Le forcing à l’assemblée nationale pour faire voter le nouveau code unique de sécurité sociale traduit sa volonté inébranlable de mettre l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale sous coupe réglée. Sans ménagement ! Une approche dirigiste et passéiste qui remet en cause le principe sacro-saint de l’autonomie de gestion des Institutions sociales pourtant gagné de haute lutte dans les années 90 sous la férule du Président Madia DIOP. Ce dernier devrait d’ailleurs se retourner dans sa tombe d’autant que le coup de canif asséné à sa bonne vieille conquête syndicale est l’œuvre…d’un ancien syndicaliste. Incroyable. Oui, les chemins du reniement sont également insondables.
Le hic, c’est que pour ce dernier coup de force, le ministre DIANTÉ a rompu unilatéralement le principe de la consultation tripartite (État, syndicats et patronat) avec en ligne de mire l’ambition à peine voilée de voir l’administration du travail faire main basse sur l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale en nommant et en dégommant les Directeurs Généraux comme bon lui semble. L’idée, c’est donc de faire faire un grand bond en arrière à ces Institutions stratégiques d’autant que l’IPRES par exemple a vécu sa pire crise en 1991 lorsque l’État avait la haute main sur l’Institution en usant des ressources de manière inconsidérée notamment en finançant indûment la campagne agricole au point de provoquer une cessation de paiement au cours de la même année. À qui profite une cessation de paiement ? Certainement pas aux 149 000 Allocataires de l’IPRES recensés à l’heure actuelle.
Or, depuis l’acquisition de l’autonomie de gestion à la suite de cette sombre période, les Institutions sociales ont pu gérer tant bien que mal les grands équilibres notamment en payant les pensions de façon assidue , en appliquant une hausse de plus de 50% des mêmes pensions de 2012 et en faisant fi des recommandations de la CIPRES ( organisation panafricaine de régulation) pour continuer d’assurer la prise en charge sanitaire et sociale des 149 000 Allocataires de l’IPRES : Une activité qui n’est pourtant pas le cœur de métier d’une Institution qui injecte annuellement plus de 4 milliards cfa pour soigner gratuitement les Retraités. À ce jour, l’IPRES étant la seule Institution de prévoyance sociale en Afrique à s’acquitter d’une telle mission.
Apparemment, le ministre DIANTÉ n’en a cure. Il ignore royalement le simple fait que l’État doit à ce jour plus de 100 milliards cfa à l’IPRES notamment aux titre de nombreux engagements comme le non paiement de la contrepartie liée à l’application de la pension minimale qui coûte annuellement plus de 6 milliards à l’IPRES depuis plus de 6ans…
Pour lui, l’urgence c’est de contrôler les Institutions sociales avec une précipitation qui cache mal des intentions inavouées.
Faudrait-il le rappeler, c’est le même DIANTÉ qui avait déclaré illégale la récente grève générale des travailleurs. C’est le même également qui avait annoncé urbi et orbi des demandes d’explication à l’encontre des travailleurs « indélicats » de son ministère partis faire le Magal avant de se raviser le lendemain sur les ondes d’une célèbre radio de la place.
Autrement dit, avec ce bras de fer engagé contre l’alliance des 12 centrales syndicales/ associations nationales de Retraités, ce ministre aux allures de Superman- Sniper veut encore tirer à vue sur des cibles soigneusement identifiées.
Décidément, dans ce pays, les postures peuvent changer certains au point de les rendre méconnaissables. Une attitude souvent contre-productive surtout que les syndicalistes et les Retraités ne sont pas nés de la dernière pluie.
Mamadou Lamine DIATTA