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🔮VIDÉO–COMMERCE ET DISTRIBUTION : SERIGNE GUÈYE DIOP LANCE UN AMBITIEUX PROJET À 5 MILLIARDS POUR 2000 BOUTIQUES DE RÉFÉRENCE 

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Le 18 juin 2026 restera sans doute comme une date charniĂšre dans l’histoire Ă©conomique du SĂ©nĂ©gal. RĂ©unis sous l’Ă©gide du MinistĂšre de l’Industrie et du Commerce, les acteurs clĂ©s de la consommation et de la distribution se sont retrouvĂ©s dans un grand complexe hĂŽtelier de la capitale Dakar pour valider un concept novateur et trĂšs attendu : le Programme national de modernisation du commerce. Loin d’ĂȘtre une simple mesure cosmĂ©tique ou une rĂ©pĂ©tition des erreurs du passĂ©, ce projet ambitionne de mĂ©tamorphoser le paysage commercial sĂ©nĂ©galais, propulsant le pays vers une Ăšre de transparence, de compĂ©titivitĂ© et de souverainetĂ© Ă©conomique.

Pour les consommateurs, souvent victimes des fluctuations anarchiques des prix et de l’opacitĂ© des chaĂźnes d’approvisionnement, cette initiative rĂ©sonne comme une vĂ©ritable bouffĂ©e d’oxygĂšne. Momar NDAO, PrĂ©sident national de l’Association des consommateurs du SĂ©nĂ©gal (ASCOSEN), n’a pas cachĂ© son enthousiasme face Ă  ce qu’il considĂšre comme une victoire historique pour les mĂ©nages. : « Nous parlons de boutique de rĂ©fĂ©rence, c’est d’abord une promesse que vous avez tenue. C’est un repĂšre, M. le ministre, parce que quand un foyer veut savoir si on respecte les prix ou si on le trompe, il aura dĂ©sormais un point de comparaison fiable. Le consommateur pourra choisir d’acheter lĂ  oĂč le prix est le plus juste. »

Cette transparence, selon le prĂ©sident de l’ASCOSEN, permettra de redonner un vĂ©ritable pouvoir de dĂ©cision aux citoyens. Il a Ă©galement appelĂ© Ă  un Ă©lan de patriotisme Ă©conomique, exhortant les SĂ©nĂ©galais Ă  privilĂ©gier les produits fabriquĂ©s localement. L’implication des jeunes Ă  travers les « volontaires de la consommation » vient couronner cette dĂ©marche, offrant aux mĂ©nagĂšres un recours face aux abus sans briser le lien social vital avec le boutiquier de quartier.

Cependant, cette mutation en profondeur ne peut s’opĂ©rer sans la base : les dĂ©taillants. Conscients de l’enjeu crucial, les boutiquiers du SĂ©nĂ©gal ont affichĂ© leur volontĂ© d’accompagner l’État dans cette transition, tout en posant des jalons clairs pour Ă©viter d’ĂȘtre marginalisĂ©s ou Ă©crasĂ©s par de nouvelles normes inadaptĂ©es. Leur reprĂ©sentant a rappelĂ© avec justesse que la rĂ©ussite de ce programme ambitieux dĂ©pendra impĂ©rativement de leur inclusion dĂšs la phase de conception : « Les boutiquiers doivent ĂȘtre associĂ©s non seulement comme bĂ©nĂ©ficiaires, mais Ă©galement comme partenaires dans la conception, la mise en Ɠuvre et la gouvernance du programme. La prise en compte des rĂ©alitĂ©s des petits commerçants est primordiale afin que les critĂšres retenus ne deviennent pas des facteurs d’exclusion. »

C’est prĂ©cisĂ©ment sur cette nĂ©cessaire synergie entre l’État rĂ©gulateur et le secteur privĂ© que s’est articulĂ© le grand oral trĂšs attendu du Ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne GuĂšye DIOP. Avec une vision rĂ©solument tournĂ©e vers l’avenir, le ministre a d’emblĂ©e posĂ© le diagnostic lucide d’un systĂšme rendu obsolĂšte par les nouvelles technologies : «Est-ce qu’on doit rester dans le commerce des annĂ©es 60, 70, 80, 90 ou doit-on maintenant se projeter dans le commerce des annĂ©es 2030 Ă  l’heure de l’Internet, de l’intelligence artificielle, de la digitalisation, Ă  l’heure oĂč on peut faire son supermarchĂ© sans quitter son domicile ? »

Refusant le statut quo et tirant les leçons des Ă©checs des anciens modĂšles comme la SONADIS, gĂ©rĂ©s par l’État, Serigne GuĂšye DIOP a dĂ©taillĂ© une stratĂ©gie audacieuse oĂč le commerce n’est plus le parent pauvre de l’Ă©conomie, mais le prolongement naturel d’une industrialisation massive. Pour lui, la distribution moderne est la condition absolue de la rentabilitĂ© des cinquante nouvelles zones industrielles en cours de dĂ©ploiement Ă  travers le pays. Le ministre ne s’est d’ailleurs pas contentĂ© de grandes thĂ©ories ; il a frappĂ© un grand coup en annonçant un appui financier inĂ©dit pour accompagner concrĂštement cette transition sur le terrain : « J’ai le plaisir de vous dire que je vais mettre 5 milliards de francs CFA Ă  votre disposition pour accompagner ce projet. Chaque investisseur, chaque membre de ce projet-lĂ  […] va bĂ©nĂ©ficier d’une subvention de l’État qui va l’accompagner dans la construction, qui va l’accompagner dans le fonds de roulement, qui va l’accompagner dans les investissements, mais surtout dans le merchandising. »

Le cƓur de cette vĂ©ritable rĂ©volution repose sur la crĂ©ation d’une centrale d’achat sous forme de sociĂ©tĂ© anonyme, dont les commerçants eux-mĂȘmes seront les actionnaires trĂšs largement majoritaires. Cette structure mutualisĂ©e confĂ©rera un pouvoir de nĂ©gociation sans prĂ©cĂ©dent pour faire plier les prix des denrĂ©es sur le marchĂ© mondial, l’État se contentant d’un rĂŽle d’actionnaire minoritaire plafonnĂ© Ă  25 % et de facilitateur diplomatique.

« Tant que vous n’avez pas une centrale d’achat qui achĂšte un million de tonnes de produits par annĂ©e […], vous n’avez pas ce qu’on appelle le pouvoir de marchandage. L’État et le consommateur, c’est comme David et Goliath. Et c’est lĂ  que je vais vous aider. »

En confiant ce projet d’envergure Ă  des experts du secteur privĂ© rompus aux chaĂźnes logistiques de la grande distribution, le ministre marque une rupture nette avec l’Ă©poque oĂč le commerce intĂ©rieur se rĂ©sumait Ă  la seule rĂ©pression punitive des fraudes. L’heure n’est plus Ă  la peur de l’inconnu, mais Ă  la conquĂȘte collective d’une souverainetĂ© commerciale assumĂ©e et dĂ©complexĂ©e. Avec le dĂ©ploiement des boutiques de rĂ©fĂ©rence comme fers de lance, le SĂ©nĂ©gal pose de maniĂšre irrĂ©versible les fondations d’un commerce interconnectĂ©, compĂ©titif et profondĂ©ment au service de ses citoyens.

Retrouvez les différentes prises de parole sur la vidéo ci-dessous.

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