đŽVIDĂOâLâARCOP ACCĂLĂRE LA RĂVOLUTION NUMĂRIQUE AU SĂNĂGAL : LâIA PREND LE CONTRĂLE DE LA COMMANDE PUBLIQUE
Au SĂ©nĂ©gal, la commande publique entre dans une nouvelle Ăšre oĂč la donnĂ©e, la transparence et lâintelligence artificielle deviennent des leviers de transformation profonde. Ă lâoccasion de la journĂ©e de lâARCOP, organisĂ©e dans le cadre de la cĂ©lĂ©bration des 60 ans de la BibliothĂšque universitaire de lâUCAD, le dĂ©bat a montrĂ© que lâIA ne constitue pas seulement un outil technologique, mais un vĂ©ritable instrument de gouvernance, capable dâaccĂ©lĂ©rer les procĂ©dures, de sĂ©curiser les informations et de renforcer la redevabilitĂ© dans un secteur stratĂ©gique pour lâaction publique.
Le Dr Moustapha DJITTĂ a rĂ©sumĂ© avec clartĂ© cette mutation en affirmant que la plateforme APPEL a Ă©tĂ© pensĂ©e pour « capter lâensemble des procĂ©dures de la commande publique » et les faire sortir du papier afin dâen faire un centre de convergence numĂ©rique. Cette vision est dĂ©cisive, car elle place la dĂ©matĂ©rialisation au cĆur de la rĂ©forme et non en pĂ©riphĂ©rie. Lâenjeu nâest pas seulement de moderniser les pratiques, mais de bĂątir une chaĂźne dâinformation continue, depuis la prĂ©paration du marchĂ© jusquâĂ son exĂ©cution, dans un environnement plus rapide, plus sĂ»r et plus lisible.
Le Dr DJITTĂ insiste aussi sur le rĂŽle central des donnĂ©es, expliquant que la plateforme gĂ©nĂšre dĂ©sormais des informations qui doivent ĂȘtre « collectĂ©es de façon sĂ©curisĂ©e », puis agrĂ©gĂ©es pour devenir un outil de dĂ©cision prĂ©cieux pour lâĂtat et lâadministration. Il souligne Ă©galement que lâIA nâa pas vocation Ă se substituer Ă lâhumain, mais Ă accompagner les spĂ©cialistes en faisant ressortir des tendances, des signaux utiles et des anomalies Ă Ă©carter. Cette approche est essentielle, car elle rappelle quâune bonne gouvernance numĂ©rique repose sur lâĂ©quilibre entre automatisation et discernement humain.
Lâautre dimension forte de cette transformation est la sĂ©curitĂ©. Le directeur gĂ©nĂ©ral de lâARCOP met en avant lâhorodatage, le chiffrement et lâhĂ©bergement sĂ©curisĂ© des donnĂ©es comme des garanties indispensables dans un systĂšme entiĂšrement dĂ©matĂ©rialisĂ©. Dans un secteur exposĂ© aux risques de falsification, de lenteur administrative et de perte documentaire, ces mĂ©canismes ne sont pas accessoires : ils constituent la condition mĂȘme de la crĂ©dibilitĂ© du dispositif public.
Mme NdĂšye SALL, pour sa part, apporte un Ă©clairage prĂ©cieux sur la dimension documentaire de cette rĂ©volution. Elle rappelle quâĂ son arrivĂ©e, le centre de documentation et des archives de lâARCOP Ă©tait « sans organisation », avec des documents stockĂ©s, non traitĂ©s, non indexĂ©s et non cataloguĂ©s. Son tĂ©moignage donne Ă voir un chantier de fond, souvent invisible, mais dĂ©terminant : sans classement, sans archivage rigoureux et sans accĂšs structurĂ© Ă lâinformation, aucune politique publique moderne ne peut rĂ©ellement tenir ses promesses.
Mme SALL souligne aussi que le centre est dĂ©sormais rĂ©organisĂ©, que les documents sont identifiables physiquement et numĂ©riquement, et que les usagers peuvent accĂ©der Ă certaines ressources via des bibliothĂšques numĂ©riques. Cette progression est capitale, car elle montre que la modernisation de la commande publique passe aussi par la mĂ©moire institutionnelle. LâARCOP ne se contente plus de produire des actes administratifs ; elle construit une base documentaire capable dâalimenter la formation, la recherche et lâĂ©valuation des politiques publiques.
Ce rapprochement entre lâARCOP et la BibliothĂšque universitaire de lâUCAD donne Ă lâensemble une portĂ©e symbolique forte. La BU cĂ©lĂšbre ses 60 ans en 2026 comme un pilier du savoir, tandis que lâARCOP inscrit sa rĂ©forme dans un dialogue avec les professionnels de lâinformation et de la documentation. Ensemble, ces institutions rappellent que la commande publique nâest pas seulement une affaire de procĂ©dures, mais aussi une affaire de connaissance, de conservation et dâaccĂšs au savoir.
En dĂ©finitive, lâintelligence artificielle peut devenir un formidable accĂ©lĂ©rateur de transparence, de performance et de redevabilitĂ© dans la commande publique sĂ©nĂ©galaise. Mais son efficacitĂ© dĂ©pendra de la qualitĂ© des donnĂ©es, de la soliditĂ© des archives, de la sĂ©curitĂ© des systĂšmes et de la capacitĂ© des femmes et des hommes du secteur Ă en faire un usage Ă©clairĂ©. Câest prĂ©cisĂ©ment cette alliance entre technologie, institution et savoir que mettent en avant le Dr Moustapha DJITTĂ et Mme NdĂšye SALL, avec une force qui mĂ©rite dâĂȘtre entendue.
Découvrez les déclarations du Dr Moustapha DJITTà et Mme NdÚye SALL, en cliquant sur le lien de la vidéo ci-dessous
