🔴VIDÉO–CHALEUR EXTRÊME ET FACTURES EXPLOSIVES : LE SÉNÉGAL DÉCLARE LA GUERRE AU GASPILLAGE ÉNERGÉTIQUE
Face à la montée vertigineuse des températures et à l’explosion de la demande en électricité, le gouvernement sénégalais passe à l’offensive. Ce lundi 27 juillet 2026, au 10ème étage du Building administratif Mamadou DIA, le Ministère de l’Énergie et du Pétrole, par la voix de l’Agence pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie (AEME), a officiellement donné le coup d’envoi d’une vaste campagne nationale de sensibilisation. L’objectif est sans équivoque : transformer la sobriété énergétique en un véritable réflexe de survie économique et climatique pour chaque citoyen.
Alors que les vagues de chaleur mettent le réseau électrique sous une pression sans précédent, la réponse des autorités ne se cantonne plus à la seule augmentation des capacités de production. Les tensions géopolitiques mondiales et les dérèglements climatiques imposent un nouveau paradigme. Lors de son allocution, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadj Abdourahmane DIOUF, a dressé un constat lucide de la situation, rappelant qu’en 2025, les ménages sénégalais ont englouti près de 42,7% de la consommation nationale d’électricité. Une demande massive qui pèse lourdement sur la balance, avec une facture globale estimée à 293,6 milliards de francs CFA, sans compter le bois, le charbon ou le gaz.
« Face à cette réalité, notre réponse ne peut se limiter à produire davantage d’électricité. Nous devons également apprendre à mieux consommer. Car la première énergie est celle que nous ne gaspillons pas. La souveraineté énergétique ne se mesure pas uniquement à la capacité d’un pays à produire son énergie. Elle se mesure aussi à sa capacité à l’utiliser de manière intelligente, efficiente et responsable », a martelé le ministre de l’Énergie et du Pétrole.
Cette nouvelle mobilisation contre le gaspillage, soutenue activement par l’Africa Climate Foundation, se veut avant tout inclusive, de proximité et profondément ancrée dans le quotidien des Sénégalais. Mame Coumba NDIAYE, Directrice Générale de l’AEME, a dévoilé un dispositif de terrain ambitieux. En s’appuyant sur ses 15 sites régionaux, l’agence déploie trois innovations majeures : le concept
« Yakhanel Energy Ak Jiggen ñi » qui place les femmes au cœur de la stratégie de relais, un jingle promotionnel fédérateur interprété par le duo Pape et Cheikh, et le concours national « KER Yakhanal » destiné à primer les foyers modèles en matière d’économie d’énergie.
« L’AEME a déjà mis en place un registre de près de 160 contenus de communication pour permettre à tout un chacun, quel que soit son profil, son secteur d’activité, son niveau d’éducation, de pouvoir se l’approprier et comprendre les gestes basiques, qui peuvent parfois sembler vraiment anodins, mais qui ont toute leur importance en matière d’économie d’énergie », a souligné la Directrice Générale de l’AEME.
Pour accompagner ce changement de comportement, des actions structurelles d’envergure sont engagées. L’État donne l’exemple avec un plan d’investissement de 49 milliards de francs CFA visant l’efficacité énergétique de 255 bâtiments administratifs. En parallèle, un programme de 8,3 milliards de francs CFA vient d’être bouclé avec la Banque africaine de développement (BAD) pour faciliter l’accès des ménages à un éclairage et à des équipements à haute performance.
Du côté de la société civile, l’urgence de cette transition est pleinement partagée. Pour Momar NDAO, Président de l’Association des Consommateurs du Sénégal (ASCOSEN), la maîtrise de l’énergie est l’arme la plus immédiate pour soulager le pouvoir d’achat, rudement mis à l’épreuve par la surconsommation estivale. La méconnaissance des bonnes pratiques coûte en effet très cher aux ménages.
« Beaucoup de gens utilisent des climatiseurs en les mettant au niveau le plus bas, 16 degrés ou 18 degrés. Si vous le faites, vous allez augmenter votre consommation jusqu’à 36% par rapport à un autre comportement qui veut que vous mettiez ça à 23 ou 24 degrés. C’est des comportements comme ça qu’il faut informer aux Sénégalais, qui jouent en défaveur de leur économie », a averti le défenseur des droits des consommateurs.
En unissant les forces de l’État, des agences de régulation, des mouvements consuméristes et des médias, cette campagne nationale ne cherche pas seulement à éteindre des ampoules inutiles. Elle ambitionne de forger une nouvelle citoyenneté. Une mutation indispensable pour que le Sénégal, en adéquation avec la vision 2050 des plus hautes autorités, puisse allier résilience climatique et véritable souveraineté économique.
Découvrez, sur la vidéo ci-dessous, les propos recueillis à l’occasion de cette importante cérémonie.
