🔴VIDÉO–RÉVOLUTION SANITAIRE AU SÉNÉGAL : L’INITIATIVE MIDN PLACE LA VOIX CITOYENNE AU CÅ’UR DES STATISTIQUES PUBLIQUES
De retour d’une rencontre stratégique panafricaine tenue à Nairobi sur la thématique cruciale des systèmes de données inclusives, le think tank Pan African Consortium of Experts (PACE) a franchi un cap décisif ce mardi 21 juillet 2026. En étroite synergie avec l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, l’organisation a procédé au lancement officiel, au Noom Hotel de Dakar, de l’initiative « Make Inclusive Data the Norm » (MIDN). Ce projet novateur ambitionne de transformer radicalement l’approche de la gouvernance sanitaire au Sénégal. Sa méthode ? Intégrer les données générées par les citoyens directement au cÅ“ur des plateformes publiques existantes, telles que le Système National d’Information Sanitaire (SNIS) et le DHIS2, pour en faire de véritables outils de pilotage collaboratif.
Si le Sénégal se distingue déjà par un système d’information sanitaire et statistique particulièrement structuré, reconnu pour sa performance à l’échelle sous-régionale, l’initiative MIDN vient y greffer une valeur ajoutée inestimable : l’expérience usager en temps réel. Cette démarche inédite de co-construction est conçue pour affiner la perception de la qualité des services médicaux et épauler l’État dans sa quête d’équité territoriale. Cette vision s’inscrit d’ailleurs en parfaite cohérence avec l’axe 2 de l’Agenda de Transformation systémique Vision Sénégal 2050, dédié au capital humain de qualité et à l’équité sociale. Pour matérialiser cette ambition, l’alliance stratégique a réuni plus de soixante-dix participants de haut niveau, allant des décideurs publics et experts nationaux aux élus territoriaux et membres de la société civile, posant ainsi les jalons d’un cadre de redevabilité inclusif et permanent.
Au cÅ“ur de cette dynamique, la volonté de redonner le pouvoir d’évaluation aux usagers est manifeste. Le Docteur Seydina Ousmane SÉNE, enseignant-chercheur et président fondateur du Think Tank PACE, a fermement souligné l’urgence de cette mutation paradigmatique lors de son allocution. « L’objectif visé aujourd’hui, c’est de donner aux citoyens la voix de donner leur appréciation sur l’offre de services de santé », a-t-il affirmé avec conviction. Mettant en exergue l’importance d’exploiter la plateforme DHIS2, qui centralise actuellement les statistiques de routine des districts sanitaires, il précise la philosophie profonde du projet : « Nous avons pensé que les citoyens qui payent et qui deviennent des clients et qui détiennent une grande partie du budget du ministère de la santé […] doivent avoir aujourd’hui leur voix et leur feed-back dans le système statistique national. »
Pour le Docteur SÉNE, cette inclusion citoyenne n’est pas qu’une simple consultation de façade, mais un véritable levier de développement territorial. En permettant aux communautés de juger la qualité des soins grâce à des outils technologiques simples, l’initiative vise à restaurer la confiance des populations envers les institutions et à imposer une véritable culture de la redevabilité. Il s’agit, in fine, de s’assurer que les orientations politiques répondent aux urgences vécues à la base.
Cependant, la viabilité et la crédibilité d’une telle démarche reposent inévitablement sur la rigueur scientifique de la collecte de ces retours citoyens. C’est à ce niveau qu’intervient l’ANSD, garante absolue de l’orthodoxie des données au Sénégal. Fodé DIÉMÉ, directeur de la méthodologie, de la coordination statistique et de l’innovation à l’ANSD, a tenu à rassurer sur l’encadrement institutionnel de ce projet ambitieux. « L’ANSD a la mission d’assurer la coordination du système statistique national », a-t-il rappelé d’emblée, légitimant ainsi la présence de son institution. Pour lui, la synergie avec le Think Tank PACE relève d’une évidence institutionnelle : « Il est tout à fait normal qu’aujourd’hui, le projet MIDN, qui a pour mission de faire en sorte que les données citoyennes soient intégrées dans le système de production du système statistique national, […] ait pour porte d’entrée l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. »
Monsieur DIÉMÉ a également confirmé qu’une convention de partenariat lie d’ores et déjà PACE et l’ANSD, scellant l’engagement de l’État à institutionnaliser cette pratique. La finalité est sans équivoque : faire des statistiques officielles non plus de simples photographies administratives froides, mais le reflet vivant et permanent du vécu des Sénégalais. En plaçant définitivement le citoyen au centre de la donnée, le Sénégal s’affirme comme un précurseur d’une démocratie sanitaire véritablement inclusive.
Nous vous invitons à découvrir, sur la vidéo ci-dessous, les différentes déclarations.
