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🔴VIDÉO–AGROÉCOLOGIE EN AFRIQUE DE L’OUEST : QUAND LES FEMMES TRANSFORMENT LA TERRE ET LE POUVOIR LOCAL À LA FORCE DE LEUR LEADERSHIP 

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Au cÅ“ur des mutations agricoles en Afrique de l’Ouest, l’autonomisation des femmes rurales s’impose désormais comme la clé de voute de la souveraineté alimentaire et de la justice sociale. Réunis ce lundi 20 octobre 2026 à l’hôtel Le Ndiambour de Dakar, les acteurs du développement, les autorités locales et les leaders communautaires ont pris la mesure d’une métamorphose silencieuse mais profonde. L’atelier de clôture du projet « Égalité des genres par l’agroécologie menée par les femmes en Afrique de l’Ouest » (EGAL-AO), conduit depuis 2022 par l’ONG Enda Pronat, a dressé le bilan de cinq années de combats, d’innovations et de conquêtes citoyennes dans les terroirs de Guédé, Diop, Koussanar et Diouroup.

Au-delà des simples indicateurs techniques, le projet EGAL-AO a opéré un véritable basculement humain au sein des seize groupements féminins accompagnés dans huit communes clés. L’approche intégrée a démontré que la transition agroécologique ne peut porter ses fruits sans une émancipation politique et sociale préalable de celles qui travaillent le sol au quotidien. « Le projet vise le renforcement du pouvoir des femmes au plan politique mais aussi au plan économique. Toutes les activités que nous avons mises en Å“uvre visaient le renforcement au niveau de ces deux domaines, par rapport au renforcement des femmes mais aussi de leurs organisations, en termes de plaidoyer, de prise de parole et de droits », explique avec force Mme Pauline NDIAYE, chargée du projet EGAL-AO à Enda Pronat. Cette dynamique a permis aux bénéficiaires d’acquérir une aisance nouvelle face aux décideurs, tout en restructurant leurs organisations en entités formelles, capables de porter des revendications stratégiques et d’exiger une gouvernance plus transparente.

La véritable portée de cette initiative réside dans la reconquête de la dignité et de l’autorité sociale des agricultrices, tant au sein des ménages que dans l’arène publique. L’augmentation de leur capacité d’action et d’influence réinvente l’équilibre communautaire. « Au terme de ces cinq ans, nous avons eu une transformation des femmes au niveau individuel, en ce sens que leur leadership a été accru, avec plus de facilité à prendre la parole et plus de confiance en elles. Il y a eu une augmentation de la gentilité à travers une plus grande influence des femmes, aussi bien dans le ménage, dans les communautés, qu’avec les décideurs », souligne Mme Pauline NDIAYE. Sur le terrain économique, les retombées sont tout aussi tangibles, marquées par une hausse mesurable des rendements agricoles, une diversification des sources de revenus et une maîtrise affinée des techniques de gestion durables.

Toutefois, la célébration de ces réussites ne masque pas l’ampleur des défis structurels qui continuent de freiner l’essor des zones rurales. Si le projet a ouvert des brèches significatives dans le verrou de l’accès au foncier, la pression sur la terre et la rareté des ressources productives demeurent des obstacles majeurs, tout comme la pénibilité du travail physique et la répartition inégale des charges domestiques. « Les besoins en milieu rural sont énormes, notamment par rapport à l’équipement des jardins, car il ne suffit pas de demander la terre, il faut des moyens pour la valoriser. Il reste aussi la concrétisation de certains engagements que les autorités ont pris lors des ateliers, ainsi que la nécessité de trouver plus d’hommes champions pour faire évoluer des traditions qui ne changent pas facilement », avertit Mme Pauline NDIAYE. Face à ces réalités, l’urgence est aujourd’hui de concrétiser les promesses institutionnelles, d’étendre les marchés agroécologiques et d’investir massivement dans les équipements pour consolider durablement cette Révolution verte au féminin.

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