CONFLIT SOCIAL AU RADISSON DE DIAMNIADIO : LE PERSONNEL HAUSSE LE TON ET RÉCLAME L’ARBITRAGE DE L’ÉTAT
La tension est monté d’un cran dans le conflit social qui oppose les employés de l’hôtel Radisson de Diamniadio à leur direction. Réunis ce mercredi en conférence de presse au siège de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS), les délégués et représentants du personnel ont fait face aux journalistes pour exprimer leur désarroi, dénoncer la précarisation de leurs emplois et réclamer une intervention urgente des plus hautes autorités du pays.
Des promesses de réintégration réduites à néant
Au cœur de la contestation figure la remise en cause des engagements pris lors du processus de reprise de la gestion de l’établissement hôtelier par l’État. Rappelant l’historique des démarches engagées, le président des délégués du personnel, Omar GAYE, a souligné que des concertations préalables s’étaient tenues directement avec les services du ministère du Travail afin de garantir une transition sereine et équitable.
« Lors de nos échanges avec les autorités tutelaire, il nous avait été clairement signifié que tout nouvel exploitant désigné aurait l’obligation légale et morale de reprendre l’ensemble du personnel en place », a rappelé M. GAYE devant la presse. Mus par cette garantie, les salariés s’étaient ainsi soumis de bonne foi aux différentes étapes de sélection, incluant des séries d’entretiens et d’évaluations individuelles organisées dans le cadre du changement de gestionnaire.
Pourtant, la déception fut vive. Alors que les agents s’attendaient à une concrétisation rapide de leur maintien en poste, le processus s’est progressivement grippé. « Nous avons passé l’ensemble des entretiens requis. À ce stade, nous pensions légitimement qu’il ne restait plus qu’à nous convoquer pour nous remettre nos contrats de travail », a déploré le représentant des travailleurs.
Offres de départ, contrats précaires et arriérés de salaires
Au lieu d’une régularisation en bonne et due forme, les employés affirment s’être vus proposer des conditions au rabais : des contrats temporaires à durée déterminée, assortis de clauses nettement moins favorables que leurs engagements initiaux, ou encore des incitations au départ non consenties.
À cette incertitude contractuelle s’ajoute une détresse financière et administrative grandissante. Les agents dénoncent plusieurs mois de salaires impayés qui plongent de nombreuses familles dans la précarité, ainsi que la rétention ou l’absence de documents administratifs essentiels attestant de leur situation professionnelle effective.
La gestion de la SOGIP contestée : le limogeage de Dame MBODJ réclamé
Face à ce qu’ils qualifient de blocage délibéré, les travailleurs pointent une responsabilité précise. Ils mettent en cause la gestion de la Société de Gestion des Infrastructures Publiques dans les Pôles Urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP SA) et exigent ouvertement le limogeage de son Directeur général, Dame MBODJ.
Pour les syndicalistes, les décisions unilatérales prises au niveau de la structure de gestion outrepassent le cadre réglementaire en vigueur. « La gestion des contrats de travail et le sort des employés ne doivent pas dépendre du bon vouloir d’une seule entité. Ce n’est pas à la SOGIP de décider seule du sort des travailleurs », ont-ils martelé, réaffirmant que la législation sociale sénégalaise doit s’appliquer dans toute sa rigueur.
Un appel pressant aux ministères du Travail et du Tourisme
Bien décidés à ne pas céder face aux velléités de dégraissement ou de dégradation de leurs acquis professionnels, les employés du Radisson de Diamniadio sollicitent désormais l’arbitrage direct du gouvernement. Ils interpellent conjointement le ministère du Travail et le ministère du Tourisme afin qu’ils se saisissent immédiatement du dossier pour faire respecter les termes des accords initiaux, préserver l’ensemble des emplois et épurer les arriérés de salaires dans les plus brefs délais.
