Le Stade Omnisports de Bambey a abrité, ce dimanche 16 août 2026, la célébration du huitième anniversaire du mouvement And Naatal Sénégal. Cet événement politique a servi de tribune solennelle au maire de la commune, Assane DIA, par ailleurs président dudit mouvement, pour clarifier son positionnement sur l’échiquier politique national et exposer les urgences infrastructurelles de sa localité. Devant ses militants et sympathisants, l’édile a tenu à réaffirmer l’indépendance de sa formation, tout en lançant un appel direct aux plus hautes autorités de l’État pour la relance immédiate des chantiers publics à l’arrêt.
Créé en 2018 à la suite de profondes divergences au sein de la coalition Benno Bokk Yaakar, And Naatal Sénégal s’est progressivement imposé comme une force électorale incontournable à Bambey. Revenant sur son parcours, Assane DIA a rappelé les étapes ayant conduit à son élection à la tête de la municipalité en 2022 sous la bannière de Yewwi Askan Wi, avant d’opérer un rapprochement stratégique avec l’ancien régime sous le magistère du présidentMacky SALL. Ce choix, a-t-il tenu à préciser avec force, n’était dicté que par l’intérêt exclusif de sa circonscription. « Je lui ai dit que tout ce que je veux c’est le développement de ma commune, rien d’autre. Je ne demande pas d’argent, ni de véhicules, ni de privilèges. Je veux tout simplement développer ma commune », a-t-il déclaré, justifiant ainsi sa démarche ayant permis à Bambey de bénéficier de divers programmes étatiques.
Aujourd’hui, dans un contexte national totalement redessiné, le discours d’Assane DIA se veut strictement pragmatique. Interrogé sur sa posture face aux nouveaux pôles politiques, sa réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. « Nous sommes un mouvement autonome. Nous ne sommes d’aucun parti ou de camp politique », a-t-il asséné. Le maire de Bambey précise toutefois rester résolument ouvert à toute synergie institutionnelle capable de faire avancer sa ville. Si les opportunités de collaborer avec l’État central se présentent, il se dit prêt à les saisir, réitérant que seul le progrès territorial guide son action politique.
Au-delà des considérations électorales, cette sortie médiatique a surtout permis à Assane DIA de dresser un réquisitoire sur l’état des infrastructures locales. Le maire a particulièrement insisté sur le programme Promoville, dont les travaux de voirie accusent un retard jugé très préjudiciable pour la mobilité urbaine. « Ce qui reste, par exemple, du programme, c’est les 8 kilomètres de route à bitumer », a souligné l’élu, avant d’ajouter à l’endroit du responsable de ce projet : « Je pense qu’il est fatigué, le directeur est fatigué. Donc il doit pouvoir nous aider à achever ce programme de Promoville ».
La question sanitaire occupe également une place centrale dans le plaidoyer du premier magistrat de la ville. La présence de l’université impose, selon lui, un relèvement immédiat du plateau médical. « Je fais appel au gouvernement, particulièrement au chef de l’état, que Bambey soit doté d’un hôpital de niveau supérieur, de niveau 1 », a-t-il exigé, estimant que la ville a largement dépassé les capacités de son simple centre de santé et que les étudiants en médecine doivent pouvoir y effectuer leurs stages cliniques.
Enfin, d’autres projets en souffrance ont été dénoncés lors de cette déclaration publique. Assane DIA a pointé du doigt la non-opérationnalité de la Maison de la Jeunesse, achevée depuis plus de deux ans mais désespérément fermée et dépourvue d’équipements. Il a également exhorté le ministère de l’Élevage à débloquer la construction du nouvel abattoir, dont le financement et les études sont bouclés depuis trois ans. Il a par ailleurs soulevé l’urgence de procéder à une extension des réseaux d’adduction d’eau et d’électricité, rendue indispensable par la forte croissance démographique des quartiers périphériques.
À travers ce discours de vérité, le maire Assane DIA fixe le cap : toute future collaboration politique se mesurera à l’aune des investissements étatiques concrets réalisés au profit de la population de Bambey.