IMMOBILIER AUX MARISTES : LA SN-HLM ET LA CSE S’ALLIENT POUR UN MÉGAPROJET DE 64 MILLIARDS FCFA SOUS LE SIGNE DE L’EXPERTISE LOCALE 

Dakar se transforme. Un nouveau pôle urbain d’envergure est sur le point de voir le jour dans le quartier des Maristes. Porté par la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN-HLM) en partenariat avec la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), ce vaste complexe immobilier promet de redessiner le paysage urbain tout en consacrant la primauté de l’expertise sénégalaise.

Le chiffre est à la mesure des ambitions : 64 milliards de francs CFA (structurés en deux tranches de 32 milliards) seront injectés dans ce projet étalé sur 36 mois. Au programme : 16 immeubles, dont 14 dédiés au résidentiel. Ce sont ainsi 658 appartements (du F1 au F4) qui viendront soulager la demande d’une classe moyenne en quête de logements de qualité. Deux immeubles tertiaires avec des espaces commerciaux, des aires de jeux, des espaces verts et des équipements sportifs viendront parachever le tout.

Mais au-delà des chiffres, c’est la dimension souverainiste du projet qui a marqué les esprits lors de la cérémonie officielle de signature de la convention.

Une vision alignée sur « Sénégal 2050 »

Présent à cette rencontre de haut niveau réunissant secteur privé et institutions publiques, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla FOFANA, a tenu à replacer cet accord dans le cadre de la nouvelle politique étatique. Pour lui, le choix d’un géant du BTP sénégalais comme la CSE n’a rien d’anodin.

« La signature de ce contrat ne constitue pas simplement un acte juridique, c’est l’aboutissement d’une volonté. Ce projet traduit la vision Sénégal 2050, qui place la souveraineté économique et la modernisation de la ville au cœur », a déclaré le ministre.

M. FOFANA a rappelé avec insistance le mandat social de la SN-HLM, qui est de « garantir la mise en œuvre de la politique publique de l’offre de logement à chaque Sénégalais ». Plus encore, il a défini une ligne directrice claire concernant les investissements de l’État : « La commande publique doit servir de levier de transformation, d’insertion et de valorisation des compétences nationales. »

« Le Sénégal peut construire le Sénégal » : la fin d’un complexe

Du côté de la SN-HLM, le ton est résolument offensif et patriotique. Le Directeur général, Abdourahmane DABO, a profité de la tribune pour asseoir une véritable doctrine de la préférence nationale.

« En signant cette convention des Maristes, nous ne posons pas une simple première pierre, nous posons un acte de doctrine. Oui, le Sénégal peut construire le Sénégal ! », a-t-il affirmé avec force.

Pour le patron de la SN-HLM, ce partenariat est l’occasion rêvée de déconstruire le mythe selon lequel l’expertise étrangère est indispensable pour les chantiers d’envergure. En mettant en avant le pedigree de la CSE (qui a notamment œuvré sur l’AIBD, le TER et les autoroutes), M. DABO a adressé un message fort : « Pendant trop longtemps, nous avons intériorisé l’idée que les grands projets devaient être confiés à l’expertise venue d’ailleurs. Aujourd’hui, nous rompons avec ce complexe. La CSE n’est pas une simple entreprise, c’est une école (…). Confier les Maristes à la CSE, c’est dire à la jeunesse que la compétence sénégalaise existe. »

Un triple impact socio-économique

En conclusion de son intervention, Abdourahmane DABO a décliné les trois piliers qui sous-tendent ce mégaprojet des Maristes :

– La lutte contre la précarité immobilière.

– L’accès à la propriété à prix juste, conçu pour répondre aux besoins des Sénégalais résidents mais aussi de la diaspora.

– Le renforcement du contenu local, pour que l’investissement profite directement aux travailleurs du pays.

Sur ce dernier point, le Directeur général s’est voulu catégorique, concluant son propos par une promesse forte pour l’économie locale : « Chaque franc doit irriguer l’économie nationale avec des ingénieurs et ouvriers sénégalais. »

Avec ce lancement, la SN-HLM et la CSE ne se contentent pas de bâtir des logements ; elles entendent bien prouver que l’émergence urbaine du Sénégal se fera par et pour les Sénégalais.

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