Face aux dérives d’un capitalisme mondialisé générateur d’inégalités, la spiritualité et l’action publique s’unissent pour dessiner les contours d’une prospérité partagée. Invité d’honneur et parrain du Forum Économique de Bergame en Italie, le Khalife général de Bambilor a profondément marqué les esprits en lançant un appel solennel à replacer la dignité humaine au cœur des modèles de croissance. Devant un parterre prestigieux d’autorités africaines et européennes marqué par la présence stratégique de l’ancienne ministre sénégalaise Maimouna DIÈYE et de délégations de premier plan, le guide religieux a magnifié le rôle crucial de la diaspora et posé les jalons d’une synergie nouvelle où l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) devient le rempart ultime contre la pauvreté et l’exclusion.
L’humain avant le profit : le sursaut éthique face aux dérives du marché
Dans une époque paradoxale où l’explosion technologique et la croissance globale cohabitent avec des poches de pauvreté endémiques, le Khalife général de Bambilor a invité l’assistance à une profonde introspection. Pour le guide religieux, la performance financière ne peut plus constituer l’unique horizon des nations. Il a vigoureusement rappelé que l’économie doit avant tout être une « science de la dignité, du partage et de la responsabilité ».
Loin d’un rejet utopique de la création de richesse, son plaidoyer pour l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) prône une refonte des priorités : substituer la coopération à l’exclusion, préférer la valeur sociale au profit à tout prix, et opposer la solidarité à l’indifférence. Ce sursaut éthique replace les jeunes en quête d’opportunités et les femmes entrepreneures trop souvent marginalisées par les circuits financiers traditionnels au centre du jeu économique en tant que citoyens porteurs de solutions.
La diaspora sénégalaise : le moteur incontournable du co-développement
L’autre moment fort de cette tribune européenne a été l’hommage vibrant rendu aux Sénégalais de l’extérieur. Qualifiés de véritables « acteurs du développement national », les membres de la diaspora ont été invités à dépasser le simple cadre du soutien familial pour embrasser une vision plus macro-économique.
Le Khalife les a solennellement exhortés à mieux structurer leurs flux financiers et leurs compétences autour de projets communautaires durables. L’objectif est clair : transformer l’épargne de la diaspora en investissements productifs, capables de créer des emplois locaux et de freiner l’exode des forces vives. À travers ce message, la diplomatie religieuse trace une feuille de route pragmatique où l’engagement civique des expatriés devient le carburant d’une croissance décentralisée et autonome.
Une synergie public-privé et internationale au service du bien commun
La pertinence du Forum de Bergame a résidé dans sa capacité à faire converger des univers complémentaires. La forte délégation sénégalaise, portée par la présence de la ministre Maimouna Dièye qualifiée affectueusement de « sœur et confidente » par le Parrain, de la députée Awa Dione, ainsi que des dirigeants de la SN HLM, du FODEM et du FONGIP, témoigne de la volonté de l’État d’institutionnaliser l’ESS.
Cette impulsion nationale a trouvé un écho favorable auprès des institutions internationales présentes, telles que la Caritas de Bergame, la Croix-Rouge représentée par M. Enzo Kenzi, et l’Association Pangea du Maroc. Cette coalition inédite entre la spiritualité engagée, l’action publique et la solidarité internationale pose les fondations d’un nouveau modèle de co-développement, où la diplomatie de la paix se traduit par des actes économiques concrets.
Aly SALEH