Le riz, pilier incontesté du régime alimentaire sénégalais et cœur battant du mythique thiéboudienne, pourrait-il receler une menace invisible et redoutable pour la santé publique ? C’est la question glaçante qui s’impose à la lecture de la dernière sortie médiatique de l’Association Actions Citoyennes pour la Consommation et la Normalisation (A2CN). À l’issue d’une réunion de son Bureau Exécutif National tenue ce 25 juillet 2026, cette organisation de premier plan dans la défense des consommateurs a jeté un véritable pavé dans la mare. Au centre de toutes les inquiétudes se trouvent les aflatoxines, des substances toxiques d’origine fongique, connues pour leur dangerosité pour l’organisme, qui contamineraient aujourd’hui silencieusement une proportion alarmante du riz distribué sur les marchés de la nation.
Les chiffres, révélés par une étude pilote rigoureuse menée par le Comité national du Codex Alimentarius du Sénégal, sont sans appel et suscitent une onde de choc. Selon cette enquête scientifique, 22,6 % des échantillons de riz prélevés dans les grandes agglomérations urbaines de Dakar, Kaolack et Thiès affichent des concentrations en aflatoxines excédant largement les normes réglementaires de sécurité. Face à cette bombe à retardement sanitaire, l’A2CN est immédiatement montée au créneau, refusant catégoriquement que la santé de millions de concitoyens soit sacrifiée sur l’autel de la négligence commerciale ou des failles de surveillance. L’association a néanmoins tenu à rassurer les populations sur un point crucial, validé par les autorités compétentes et l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) : ce péril concerne spécifiquement certaines cargaisons de riz importé. Le riz local, fièrement cultivé dans la vallée du fleuve Sénégal, est quant à lui totalement hors de cause et demeure un produit parfaitement sûr.
Pour l’organisation citoyenne, l’heure n’est plus à la simple observation, mais à l’action institutionnelle forte et immédiate. Refusant toute complaisance face aux menaces alimentaires, l’A2CN interpelle directement les pouvoirs publics en s’appuyant sur un principe éthique et légal absolument inaliénable.
« L’A2CN rappelle que la sécurité sanitaire des aliments constitue un droit fondamental des consommateurs et une responsabilité partagée de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire. »
Fort de ce postulat clair, le mouvement exige de l’État qu’il assume pleinement ses missions régaliennes de protection. Il est impératif et urgent que les services compétents procèdent au renforcement massif des dispositifs d’inspection aux frontières et sur les étals, mais surtout, qu’ils ordonnent le retrait systématique des produits incriminés. La confiance des ménages sénégalais envers leur système de régulation est aujourd’hui interpellée et ne pourra être consolidée que par des actes d’une fermeté exemplaire. Malgré la gravité de la situation, l’association a tenu à saluer la transparence et la rigueur du travail accompli par les institutions nationales, prouvant que la science reste notre meilleure boussole pour orienter les politiques publiques.
Au-delà de la simple alerte, l’A2CN se positionne en véritable bouclier éducatif pour les populations. Partenaire engagé du Codex Alimentarius et de la FAO, elle a activement contribué à l’élaboration du Guide sur la Sécurité Sanitaire des Aliments. L’association est profondément convaincue que la répression des fraudes et les contrôles, bien que nécessaires, resteront vains s’ils ne sont pas accompagnés d’une véritable culture de la prévention à tous les niveaux de la société.
« L’association considère que la sensibilisation, l’information et l’éducation des consommateurs demeurent des leviers essentiels pour prévenir les risques liés aux contaminants alimentaires, notamment les aflatoxines. »
En définitive, cet avertissement solennel résonne comme un puissant appel à la mobilisation nationale. L’A2CN tend la main à toutes les forces vives du Sénégal — décideurs, acteurs économiques, scientifiques et société civile — pour bâtir une politique intransigeante de la qualité. Car c’est uniquement par l’exigence d’une normalisation efficace et d’une vigilance partagée que le pays pourra garantir à chaque citoyen une alimentation saine, sûre et conforme à sa dignité.