La lutte contre les fléaux qui fragilisent la santé des femmes trouve au Sénégal des voix aussi fermes qu’engagées, à l’image de celle de la Professeure Fatou Samba NDIAYE, présidente de l’Association des femmes médecins du Sénégal. À l’occasion des mobilisations d’Octobre Rose, l’heure n’est plus seulement à la sensibilisation de convenance, mais à une véritable prise de conscience collective face à des chiffres alarmants. Dans notre pays, le cancer du col de l’utérus demeure le tout premier cancer répertorié, frappant impitoyablement avec plus de 2 000 cas recensés chaque année. Face à ce constat lourd de conséquences, l’AFEMS, qui se bat sans relâche depuis sa création en 1995, rappelle que la bataille contre ce mal insidieux, tout comme celle menée de front contre le cancer du sein, exige l’implication de l’ensemble de la société. Portant haut l’étendard de la solidarité médicale, la présidente rappelle avec force que l’association s’articule autour de toutes les générations, depuis les aînées jusqu’aux plus jeunes membres, les Pré-FEMS, afin de transmettre le flambeau de l’engagement citoyen et sanitaire. Cet élan d’espoir et d’action s’est d’ailleurs concrétisé par une mobilisation sportive exceptionnelle aux côtés de la Fédération Sénégalaise de Randonnée Pédestre, rassemblant près de 800 marcheurs déterminés à lier l’effort physique à la prévention sanitaire.
Pour inverser durablement la tendance et sauver des vies, la réponse institutionnelle et individuelle doit impérativement s’intensifier, à commencer par un soutien renouvelé de la tutelle. Comme le souligne avec conviction la présidente Fatou Samba NDIAYE : « L’appel que nous lançons, c’est d’abord au ministre de la Santé. On appelle surtout la tutelle à mieux soutenir les femmes, les femmes médecins d’abord, les femmes tout court, pour lutter contre le cancer du col de l’utérus, en insistant surtout sur la prévention. »
Cette prévention indispensable repose sur des gestes simples mais salvateurs à la portée de toutes, qu’il s’agisse de l’autopalpation mammaire, de la réalisation régulière de mammographies ou des consultations préventives auprès des sages-femmes et des gynécologues. Détectés à un stade précoce, ces cancers ne constituent plus une fatalité et peuvent être totalement guéris. C’est pourquoi la prévention revêt un second visage tout aussi primordial : la vaccination. En éradiquant le papillomavirus humain, il devient possible d’imaginer un avenir où le cancer du col de l’utérus ne sera plus qu’un lointain souvenir. C’est dans cette optique que la présidente adresse un message vibrant et pressant aux mères, aux sœurs et à l’ensemble des familles en déclarant : « Raison de plus pour faire un appel pour toutes les femmes, les sœurs, les mamans, pour amener les enfants de 9 à 14 ans pour aller faire vacciner contre le cancer du col de l’utérus. »
En unissant la rigueur du corps médical, l’énergie de la jeunesse montante et la vitalité d’une population mobilisée par le sport, le Sénégal se dote des armes nécessaires pour faire reculer la maladie. La santé des femmes est un pilier du développement national ; la préserver exige de transformer chaque prise de parole en un acte de salut public, et chaque campagne en une promesse de vie.
Découvrez le plaidoyer de la présidente Fatou Samba Diago NDIAYE sur la vidéo ci-dessous.