JEUNESSE, SPORT ET VOLONTARIAT : L’EXPERTISE SOUS-RÉGIONALE DE LA CEDEAO SCELLE À DAKAR SON NOUVEAU PACTE DÉCENNAL
La capitale sénégalaise s’impose, cette semaine, comme le véritable centre névralgique des politiques publiques ouest-africaines. Dans un contexte sous-régional marqué par de profonds bouleversements démographiques et sociaux, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réuni à Dakar un parterre d’experts de très haut niveau pour repenser intégralement son approche en matière de jeunesse, de sport et d’engagement citoyen. Cette rencontre technique, d’une importance capitale pour l’avenir de l’espace communautaire, rassemble les sommités et les hauts cadres de onze des douze États membres. Leur mission, d’une exigence absolue, consiste à examiner et valider des projets de politiques régionales assortis de plans d’action stratégiques destinés à régir la prochaine décennie.
Loin des simples sommets protocolaires, ce conclave dakarois de trois jours constitue l’aboutissement d’un rigoureux processus de refonte institutionnelle initié depuis 2023. Face à une jeunesse en quête de repères socio-économiques fiables, l’institution sous-régionale a acté l’obsolescence de ses anciens paradigmes. Il s’agissait de passer d’une logique de politiques conçues en vase clos à une approche résolument participative. C’est cette rupture méthodologique qu’a tenu à mettre en exergue le Docteur Francis Chuks NJOAGUANI, directeur du Centre de développement de la jeunesse et des sports de la CEDEAO (CDJS/CEDEAO).
« Au cours de ces trois dernières années, nous avons eu à consulter les États membres, à consulter essentiellement la jeunesse, puisque, comme on dit, ce qui est fait pour la jeunesse, c’est la jeunesse. La jeunesse, souvent, ne s’y reconnaît pas », a rappelé avec force le directeur, justifiant ainsi la vaste campagne de consultations menée à travers l’Afrique de l’Ouest pour capter les véritables priorités de cette frange majoritaire de la population.

Les délibérations actuelles exigent ainsi de ces éminents spécialistes de traduire ces aspirations brutes en directives opérationnelles, viables et mesurables sur le long terme. Les travaux portent sur l’examen minutieux d’un double projet de document de politique régionale pour la jeunesse et le sport, couvrant les dix prochaines années. Au-delà de ces deux piliers traditionnels, l’expertise réunie à Dakar se penche sur une innovation institutionnelle majeure : la structuration définitive de l’engagement citoyen ouest-africain.
Pour la première fois dans l’histoire de l’institution, le programme des volontaires de la CEDEAO va être doté d’un cadre formel. Le Dr Francis Chuks NJOAGUANI a souligné la portée de cette avancée historique : « Nous allons adopter un document de politique stratégique pour le programme des volontaires de la CEDEAO. C’est un programme qui est mis en œuvre depuis 2010 et qui accompagne les États membres, au départ, les États membres qui ont eu des difficultés avec la guerre civile. Mais aujourd’hui, c’est un programme élargi à tous les 12 États membres de la communauté. » Cette mutation d’un mécanisme d’urgence post-crise vers un instrument permanent de développement et d’intégration illustre la montée en puissance des politiques communautaires.
L’expertise technique déployée depuis le début de la semaine servira de socle incontestable aux instances décisionnelles. Dès ce jeudi, les ministres de tutelle des différents États membres prendront le relais pour entériner les travaux de ce panel de spécialistes de haut rang. L’adoption définitive de ces trois documents cadres, prévue ce vendredi, dotera enfin la CEDEAO d’une boussole stratégique de très haut niveau, alignée sur les défis contemporains d’une Afrique de l’Ouest résolument tournée vers l’avenir.
