🔴VIDÉO–FACE AUX CHOCS CLIMATIQUES : LE SÉNÉGAL ACTIVE LE BOUCLIER DE LA PROTECTION SOCIALE ANTICIPATIVEÂ
Face à l’accélération du dérèglement climatique, l’action humanitaire ne peut plus se contenter de secourir après la catastrophe : elle doit impérativement prévoir, protéger et agir en amont. C’est le sens profond de l’initiative citoyenne et institutionnelle réunie ce mercredi 4 novembre 2026 à l’Hôtel Axil de Dakar. À l’invitation d’ENDA Énergie, en partenariat avec l’International Institute for Environment and Development et avec le soutien de Comic Relief, les acteurs étatiques, les chercheurs et la société civile se sont rassemblés pour valider la feuille de route nationale du projet ASPIRE. Un document stratégique conçu pour doter le pays d’un mécanisme de réponse rapide capable d’étouffer l’impact des chocs avant qu’ils ne consument les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.
Fruit de deux années de travaux acharnés et de concertations approfondies à travers le territoire national, cette feuille de route marque le passage décisif d’une logique de réaction passive à une culture de la prévention méthodique. Structurée autour de cinq axes majeurs allant de la gouvernance inclusive à l’établissement de mécanismes de financement durables, elle vise à interconnecter les systèmes d’alerte précoce nationaux avec les politiques publiques existantes.
« L’atelier d’aujourd’hui, c’est une rencontre de partage et de validation du draft de la feuille de route sur la protection sociale anticipée que nous avons co-élaboré avec l’ensemble des parties prenantes, aussi bien les acteurs institutionnels que les acteurs non étatiques. À la fin de ce processus, suite à presque deux ans d’exercice, aujourd’hui on se retrouve de façon élargie pour un peu partager la première version et recueillir les observations et les inputs des participants. » — Omar CISSÉ, Chargé de programme à ENDA Énergie
L’analyse scientifique sur laquelle repose le projet a permis de cibler cinq aléas climatiques majeurs : les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur, les tempêtes de poussière et les feux de brousse. Sur le terrain, l’extrême complexité climatique impose une approche scientifique fine pour dépasser les paradoxes apparents, à l’image de la coexistence simultanée des pluies diluviennes et de la sécheresse au sein d’un même espace régional.
« Il n’y a pas une contradiction. Dans cette feuille de route, nous avons ciblé cinq aléas majeurs. Dans une même région, on peut trouver des inondations par endroit et également un déficit pluviométrique dans cette même région, dans un autre coin. Les débordements du fleuve sont liés à des apports d’eau qui, pour l’essentiel, sont alimentés par des sources qui sont hors territoire national. Dans cette même région, on peut trouver un autre coin où on enregistre un déficit pluviométrique qui aura des répercussions sur la production. » — Omar CISSÉ, Chargé de programme à ENDA Énergie
En articulant les données scientifiques de l’ANACIM, du CSE ou des organisations fluviales avec des programmes sociaux phares comme les bourses familiales et les cantines scolaires, le Sénégal prépare le terrain pour déclencher les secours avant le drame. Pour garantir l’impact à long terme de ce dispositif pionnier, les acteurs n’entendent pas s’arrêter aux frontières d’un projet temporaire. L’implication stratégique du Ministère des Finances et le portage institutionnel garanti par la Primature offrent la garantie d’une pérennité financière et opérationnelle.
Consolidée et validée par l’ensemble des partenaires, la feuille de route s’apprête désormais à franchir une étape cruciale. Son lancement politique officiel, prévu entre la fin du mois de novembre et le début du mois de décembre sous l’égide du gouvernement, viendra sceller l’engagement solennel du Sénégal pour une justice climatique concrète, souveraine et tournée vers l’avenir.
Retrouvez la réaction de Omar CISSÉ sur la vidéo ci-dessous.
