🔴VIDÉO–TRACTATIONS CEDEAO-AES : LES MINISTRES APPELÉS À DÉFINIR UN MANDAT FERME DE SAUVEGARDE DES ACQUIS D’INTÉGRATION
Réunis ce vendredi dans la capitale sénégalaise, le général Birame DIOP, président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a exhorté les chefs de la diplomatie des pays membres à confier un mandat précis aux négociateurs. L’objectif est d’assurer la protection des acquis communautaires lors des pourparlers officiels avec la Confédération de l’Alliance des États du Sahel, prévus dès samedi à Dakar.
« La concertation entre ministres des Affaires étrangères doit servir à fixer le cap politique nécessaire aux négociations et à investir les délégations techniques d’un mandat explicite pour préserver les intérêts de notre espace commun », a déclaré le dirigeant de la Commission régionale.
Le général DIOP s’exprimait durant une consultation ministérielle préalable au lancement des négociations formelles entre la CEDEAO et l’AES, programmées ce samedi au Sénégal.
« Nos services ont conçu en interne une proposition d’accord-cadre global destiné à sauvegarder tout ce qui peut encore l’être en matière de construction régionale », a-t-il précisé. Ce texte, axé sur 18 secteurs prioritaires répartis en cinq piliers, doit régir le cadre des relations futures entre l’organisation de l’Afrique de l’Ouest et l’Alliance des pays saheliens.
Ce dispositif vise notamment à pérenniser la coopération transfrontalière, la sécurité, les échanges commerciaux et la libre circulation des personnes et des biens.
Le responsable communautaire a insisté sur l’urgence de bâtir une position commune avant d’affronter les délégués de l’AES, au milieu de tensions institutionnelles et politiques fortes, mais dans un contexte où la mutualisation des ressources reste indispensable.
Selon le général DIOP, les ministres ont le devoir de préparer soigneusement cette rencontre afin que la CEDEAO aborde les échanges forte d’une vision unifiée de ses priorités stratégiques.
De son côté, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh NIANG, a appelé ses pairs à privilégier l’esprit de solidarité, prévenant qu’aucune négociation ne devait morceler la sous-région.
« Il est fondamental de négocier de manière unitaire et de refuser tout compromis séparé ou accord bilatéral qui fragiliserait l’unité de notre organisation », a-t-il affirmé, soulignant le devoir préserver la libre circulation, les échanges économiques et l’entraide régionale.
Il a par ailleurs rappelé que la fraternité et l’histoire partagée devaient primer sur les divergences gouvernementales passagères.
De son côté, Lansana KOUYATÉ, nommé négociateur en chef de la CEDEAO pour ce dossier, a exposé les fondements de sa feuille de route : maintenir un canal d’échange permanent, élaborer des relations basées sur le respect de la souveraineté, et conforter les dynamiques de sécurité et d’intégration.
L’ancien Premier ministre guinéen a plaidé pour « dépasser les querelles institutionnelles afin de préserver l’avenir de nations liées par la géographie, l’histoire et l’économie ».
Il a souligné que la lutte contre le terrorisme exigeait une synergie indéfectible entre les deux blocs régionaux, prônant une diplomatie de compromis.
« Une négociation constructive n’est pas un rapport de force où l’un gagne et l’autre perd, mais un dialogue dont chacun sort assuré d’avoir été écouté », a affirmé Lansana KOUYATÉ, concluant que si « les gouvernements choisissent leurs partenaires, les peuples partagent la même géographie ».
L’ensemble des participants s’accorde ainsi sur l’exigence d’un consensus ministériel préalable afin de préserver l’héritage de l’intégration sous-régionale malgré le contexte d’instabilité politique.
Retrouvez, sur la vidéo ci-dessous, les différentes déclarations.
