L’indignation est à son comble dans le paysage médiatique sénégalais. Suite aux menaces de mort proférées à l’encontre de Babacar FALL, journaliste vedette de la RFM, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) monte au créneau. À travers un communiqué cinglant, l’organisation syndicale dénonce des dérives liberticides inacceptables et exige une intervention urgente des autorités étatiques. Un épisode qui relance le débat crucial sur la sécurité des professionnels des médias et la préservation de la liberté d’expression dans le pays.
Tout est parti d’une édition de la très suivie émission matinale « RFM Matin ». À la suite d’un entretien accordé à Serigne Abdou SY, le journaliste Babacar FALL s’est retrouvé au centre d’une violente campagne d’intimidation culminant par des menaces de mort. Pour le SYNPICS, cet événement dépasse de loin le simple cadre d’une réaction d’auditeurs mécontents ; il s’agit d’une attaque frontale et caractérisée contre l’intégrité physique et morale d’un professionnel dans l’exercice strict de ses fonctions. Le bureau exécutif du syndicat a immédiatement fait part de sa « plus grande préoccupation », refusant de banaliser ce qui s’apparente à une tentative pure et simple de museler une voix majeure de la presse sénégalaise.
La ligne rouge de l’intimidation franchie
Dans son adresse publique, le SYNPICS n’y va pas par quatre chemins et condamne « avec la plus grande vigueur » ces agissements qu’il qualifie de liberticides. Le métier d’informer, d’analyser et de questionner ne doit, sous aucun prétexte, devenir une profession à haut risque. Les journalistes, rappelle le syndicat, accomplissent une mission d’intérêt général. Les exposer à des pressions psychologiques ou à des violences physiques en raison de leurs choix éditoriaux constitue une dérive dangereuse. En s’attaquant à Babacar Fall, les auteurs de ces menaces tentent d’instaurer un climat de terreur et d’autocensure qui, à terme, pourrait gangrener l’ensemble des salles de rédaction du pays.
La liberté de la presse : un pilier démocratique non négociable
Le syndicat saisit cette occasion pour faire un rappel fondamental : la liberté de la presse n’est pas un privilège corporatiste accordé aux seuls journalistes, c’est un droit constitutionnel inaliénable et l’un des socles de la démocratie. L’organisation martèle que cette liberté « ne saurait être prise en otage » par des individus mal intentionnés cherchant à dicter la narration médiatique par la peur.
Face à ce péril, le SYNPICS en appelle à la responsabilité collective. Tous les acteurs de la société sont invités à respecter scrupuleusement les principes républicains. Le droit à l’information du citoyen dépend directement de la capacité des journalistes à travailler sans avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
L’État et la justice face à leurs responsabilités
Face à l’urgence et à la gravité de la situation, les simples mots de réconfort ne suffisent plus. Le SYNPICS interpelle directement et fermement les autorités étatiques. L’État a le devoir régalien de prendre « toutes les dispositions nécessaires » pour assurer la sécurité absolue et l’intégrité physique de Babacar FALL
Plus encore, le syndicat refuse que ces actes restent impunis. Il exige que toute la lumière soit faite sur la provenance de ces intimidations anonymes et demande l’ouverture d’une enquête rigoureuse pour que les responsables soient identifiés et traduits en justice.
En conclusion de sa déclaration, le Bureau Exécutif du SYNPICS réaffirme son soutien indéfectible et sa solidarité pleine et entière à Babacar FALL, ainsi qu’à l’ensemble de la corporation. Promettant une vigilance de tous les instants face à de telles agressions, le syndicat lance un ultime appel à la protection effective des journalistes. Un combat qui nécessite plus que jamais la mobilisation de toutes les forces vives de la nation.