La lutte contre le cancer pédiatrique au Sénégal requiert des actes politiques forts et une synergie d’actions dépassant la simple compassion. C’est le message univoque livré ce mercredi 30 septembre 2026 à l’hôtel Azalaï de Dakar, lors de la cérémonie solennelle de clôture de la campagne internationale « Septembre en Or », orchestrée par l’Association Yaayou Tidiane. Autour du thème « Cap sur la Guérison : Stratégies, Espoir & Mobilisation Continue », cette rencontre a réuni institutions étatiques, personnel soignant et partenaires du secteur privé. L’objectif de ce rassemblement n’était pas seulement de dresser un bilan des actions de solidarité menées, mais de formuler des exigences claires pour la prise en charge médicale des enfants atteints d’affections oncologiques.
L’Association Yaayou Tidiane s’est imposée comme un relais indispensable dans le parcours de soins à l’échelle nationale. Au cours des derniers mois, grâce à l’appui d’entreprises citoyennes et de personnalités telles que la marraine de l’événement, Madame Ndèye Coumba Teuw AW, Directrice générale de Sunu Bank Sénégal, la structure a pu financer des hospitalisations, des examens d’urgence cruciaux tels que des IRM et des scanners, ainsi que des actes chirurgicaux pour plus d’une centaine d’enfants issus de milieux défavorisés. Un hommage appuyé a également été rendu au personnel médical — oncologues, pédiatres et infirmiers —, véritables acteurs de première ligne qui pallient quotidiennement le déficit d’infrastructures pour sauver des vies. Cependant, face à la gravité systémique de la maladie, le financement privé et la charité montrent leurs limites objectives.
Pour porter ce plaidoyer avec la rigueur qu’impose l’urgence médicale, la présidente de l’Association Yaayou Tidiane, Madame Dieynaba Kane Wane, a pris la parole afin d’interpeller directement les autorités publiques à travers un discours d’une profonde lucidité.
« Le cancer de l’enfant ne peut pas et ne doit plus dépendre uniquement de la charité ou de la chance. Chaque minute compte. Chaque retard de diagnostic est une perte de chance inestimable », a-t-elle déclaré avec gravité, posant ainsi les bases de trois urgences nationales incontournables.
La première exigence soulevée par la présidente concerne la gratuité intégrale des soins et l’accès garanti aux médicaments anticancéreux essentiels pour les plus jeunes.
« Il est insoutenable qu’un protocole de chimiothérapie soit interrompu en raison d’une rupture de sang ou parce qu’une famille démunie ne peut pas payer une ordonnance. Le droit de vivre et d’être soigné ne doit pas dépendre du revenu du parent », a martelé Madame Dieynaba Kane Wane, exhortant les autorités sanitaires à sanctuariser la disponibilité ininterrompue de ces traitements lourds.
Outre la barrière financière, le plaidoyer a mis en exergue la nécessité d’améliorer drastiquement les conditions d’hospitalisation. Les enfants nécessitent des espaces d’éveil sécurisés et adaptés au sein des hôpitaux, tandis que leurs mères, qui veillent souvent dans une précarité extrême au chevet de leurs petits, méritent des structures d’accueil et de repos dignes. Enfin, l’urgence absolue définie par l’association demeure la création d’un véritable centre national d’oncologie pédiatrique. Cette structure centralisée regrouperait sous un même toit le dépistage rapide, l’imagerie de pointe, la chirurgie spécialisée et les unités de greffe, offrant ainsi aux praticiens sénégalais les infrastructures nécessaires pour rivaliser avec les standards médicaux internationaux.
Ce plaidoyer rigoureux a trouvé un écho immédiat auprès des autorités de tutelle. Prenant la parole au nom du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le représentant de l’État a annoncé une série de mesures correctives en cours. Un fonds d’action médico-sociale a été activé pour accompagner les malades souffrant de pathologies chroniques. Plus structurant encore, un projet de 100 millions d’euros, développé avec l’Unité nationale d’appui aux partenariats public-privé (UNAPP), est en préparation pour restructurer la lutte contre le cancer au Sénégal. Parallèlement, le ministère collabore avec l’OMS et l’UNICEF pour souscrire à une plateforme mondiale d’accès aux médicaments.
Alors que le mois de septembre s’achève, la mobilisation autour de l’unité d’oncologie pédiatrique, désormais délocalisée à l’hôpital Dalal Jamm, entre dans une phase décisive. Les engagements institutionnels annoncés ce mercredi devront rapidement se traduire en actes budgétaires et structurels pour répondre aux attentes légitimes des familles et garantir un véritable droit à la guérison pour chaque enfant au Sénégal.